Michel HAJJI GEORGIOU
16/05/2000
L’Orient-Le Jour
Cervantès doit bien rigoler.
Sommes-nous tous des dons Quichottes de bas étage à nous battre contre des moulins (à paroles) ?
Aux affirmations des uns et des autres, toujours et plus particulièrement maintenant, l’unité nationale est partout.
Partout, oui, mais où, plus précisément ?
Faut-il placarder des affiches avec « wanted » marqué dessous pour la retrouver ?
L’unité nationale se réalise-t-elle lors d’un match de basket au nom du Liban ou de l’élection d’une miss beauté ?
Est-elle une priorité culturelle, sportive, un slogan à la mode, ou bien une raison de vivre sociopolitique ?
Est-elle d’ordre historique, congénital, « fraternel », illusoire, momentané, une unité « contr e» ( les exemples ne manquent pas) ou « pour » l’avenir, le futur, le bien commun, le dialogue islamo-chrétien, la nation, l’État, etc. ?
Une valeur personnelle, contenue dans un superhomme ou une nécessité socioculturelle ?
Les funérailles de Raymond Eddé et le « plébiscite » qui les a accompagnées, les réactions de tout un peuple qui s’éveille…
Le Amid était-il un symbole d’unité nationale ?
Si c’est le cas, il est bien triste de ne le constater que maintenant, trop tard.
De savoir que pendant toutes ces années, « l’unité nationale » était réfugiée à Paris.
Et que nous, nous cherchons, encore et encore, désespérément…

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