MICHEL HAJJI GEORGIOU
11/04/2002
L’Orient-Le Jour
Il y a deux ans, jour pour jour, explosait une grenade dissimulée dans un « mug » à la faculté de génie de l’Université Saint-Joseph (Esib), à Mar Roukoz, tuant les étudiants David Ajaltouny et Alain Khalifé et blessant une dizaine de leurs camarades. Le ministère de l’Intérieur avait, à l’époque, promis une enquête pour déterminer les causes et la nature de cet accident.
La version officielle avait accusé Ajaltouny, qualifié « d’inconscient », d’avoir introduit une grenade avec lui sur le campus et de l’avoir manipulée maladroitement, provoquant ainsi l’explosion. Version de l’histoire démentie par les camarades de David et d’Alain, qui affirment que l’engin explosif se trouvait déjà dans la salle de classe avant leur arrivée, et qui avaient accusé des mains criminelles d’être à l’origine de la catastrophe.
Deux ans après, la question se pose encore : accident dû à un jeune homme tête en l’air ou opération préméditée ? D’aucuns, depuis ce jour tragique, ont assuré aux parents de David qu’il pouvait s’agir d’un « message adressé à l’USJ ».
Mais, deux ans après l’événement, c’est la loi du silence qui prévaut sur le souci de la vérité, et l’enquête qui passe aux oubliettes. Les Libanais ont la mauvaise réputation d’être des primaires de caractère. Ce qui expliquerait, dit-on, leur propension à l’oubli. Mais le silence ne guérit pas, il est au contraire générateur de douleur. Réclamer la vérité sur l’affaire Ajaltouny et Khalifé, c’est aussi un devoir curatif pour la mémoire collective.
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