Pour ceux qui ont la mémoire courte

Michel HAJJI GEORGIOU

18/02/2005

L’Orient-Le Jour

Depuis lundi, certaines sirènes loyalistes, méprisées par la foule en colère, assignées à la discrétion et interdites de condoléances, cherchent sournoisement et piteusement à se réapproprier Rafic Hariri, tout en accusant l’opposition nationale, et tout particulièrement Walid Joumblatt, de « verser des larmes de crocodiles » sur le disparu. Certains, à l’instar de Nasser Kandil, ont même été, sur la chaîne al-Hurra, jusqu’à mettre presque directement Joumblatt et l’opposition en cause dans l’attentat ! 

À tous ceux qui ont ainsi le toupet d’assassiner Rafic Hariri pour la deuxième fois – et ils sont nombreux dans les rangs loyalistes -, il est bon de rappeler, pour l’histoire, for the record comme disent les Anglo-saxons, toutes les lamentables insultes qu’ils ont proférées à l’encontre de l’ancien Premier ministre et de ses compagnons de l’opposition plurielle au cours de ces dernières semaines. Oubliés les « serpents de Koraytem », les « singes des cocotiers », les accusations de trahison, de « collaboration avec Israël », de « financement de campagnes par l’étranger », lancés par les Omar Karamé, Nasser Kandil, Sleimane Frangié, Talal Arslane et autres Wi’am Wahhab ? Ce ne sera d’ailleurs pas la première fois que le pouvoir a la langue bien pendue, le bras long, la mémoire courte et aucune conscience. 

« Nous leur montrerons… ». La prophétie de Omar Karamé, qui doit aujourd’hui s’en mordre les doigts et regretter d’avoir raté une bonne occasion de se taire, restera de sinistre mémoire. Elle implique, par-delà les faits, une responsabilité morale de ce régime en déliquescence dans le crime odieux.

Un régime qui n’a plus qu’une seule chance de salut : s’en aller. 


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