Michel HAJJI GEORGIOU
15/12/2005
L’Orient-Le Jour
Nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, plus aveugle que celui qui refuse de voir la vérité en face.
Depuis trente ans, le régime syrien déploie tout son génie machiavélique pour exterminer le Liban.
Sans succès.
Le complexe originel de la création du Liban n’est toujours pas dépassé, et le Baas syrien ne le dépassera sans doute jamais. Le fossé paraît plus que jamais impossible à combler. Le problème est irrémédiablement culturel.
Là où nous pensons en termes de vie, de liberté et de démocratie, la tyrannie syrienne s’enferme dans un statisme suicidaire, diffusant tout autour d’elle une inculture de la mort, l’état de barbarie.
Vouloir concilier l’inconciliable est une chimère, et tous les Amr Moussa du monde devront un jour ou l’autre finir par le comprendre.
Voilà trente ans que les élites libanaises sont abattues, les unes après les autres, pour avoir osé défier la Syrie par le verbe.
De Riad Taha à Gebran Tuéni, la liste est beaucoup trop longue, et si ce régime d’assassins continue de jouir d’une certaine impunité, d’une assurance quelconque de survie, elle risque de s’allonger indéfiniment.
La communauté internationale assume une responsabilité majeure dans la protection de la vie humaine de nos élites.
Leur sang retombera sur sa tête.
Soit il existe un système international, un ordre mondial, soit il faut cesser de nous abreuver de toutes ces paroles sur la lutte contre le terrorisme.
Car ce n’est ni plus ni moins qu’une lutte contre le terrorisme que le Liban est en train de mener.
L’indécision de la communauté internationale, son incapacité à prévenir le crime, la lenteur de sa réaction malgré ses excellentes intentions, joue actuellement en faveur des criminels.
Cependant, le pari syrien, le même depuis trois décennies, celui de vider le Liban de son essence intellectuelle et politique, est perdu d’avance.
Le problème est culturel.
Le Baas a occupé le Liban durant trente ans, mais il n’a pas compris ce pays jusqu’à présent.
Le Liban ne saurait devenir un jour la Syrie.
La politique du vide syrienne au Liban est un non-sens.
Le pays du Cèdre continuera toujours à générer des élites de qualité, des hommes courageux et passionnés.
La source est intarissable.
Il est grand temps pour Damas de le comprendre.
Le Liban n’est pas invulnérable, c’est vrai.
Mais son esprit est à jamais invincible.
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