Michel HAJJI GEORGIOU
19/05/2006
L’Orient-Le Jour
Quel crime ont-ils bien pu commettre, ces intellectuels syriens poursuivis comme des sorcières ?
Celui d’avoir dit tout haut ce qui relève du bon sens le plus élémentaire, et que les cercles officiels n’accepteront jamais de reconnaître ?
À quelle abomination ces penseurs ont-ils bien pu se livrer pour mériter que toutes les foudres du ciel s’abattent ainsi sur leurs têtes ?
Celle d’avoir exprimé contre vents et marées « la nécessité d’une reconnaissance syrienne définitive de l’indépendance du Liban » ?
D’avoir eu la sagesse de dire que « les premiers pas dans cette direction consistent dans la délimitation des frontières et l’échange d’ambassadeurs » ?
« Leur combat ne nous regarde pas. Nous n’avons pas à nous mêler des affaires intérieures de la Syrie, même si leur cause est juste et louable », entend-on ici et là, dans les milieux libanais.
Peut-être bien.
Mais mon combat à moi n’a que faire des idéologies, ou des principes de territorialité ou de nationalité. Il est pour la libre pensée, où qu’elle se manifeste. Pour qu’elle puisse continuer à se manifester librement.
Je sais reconnaître mes frères par la pensée. Et il ne me coûte rien, ou si peu, de m’associer à eux, toujours par la pensée, pour la démocratie, l’universalité des droits de l’homme, la liberté et le respect de la dignité humaine.
À vous, frères syriens dans l’oppression, cette pensée libre et rayonnante. Qu’elle puisse être luciole d’espoir dans les ténèbres auxquelles vous êtes confinés.
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