Des armes…

Michel HAJJI GEORGIOU

29/07/2011 

L’Orient-Le Jour

Une République qui se respecte, c’est généralement fondé sur des droits fondamentaux, les mêmes pour tous en principe.

Pas au royaume du Hezbollah.

Ici, ce sont les armes qui font l’homme, pas les libertés, comme la liberté d’expression – les exemples sont légion ces deux derniers mois – ou celle de circuler par exemple.

Pas plus tard que la semaine dernière, nous apprenions ainsi qu’il valait mieux éviter certaines régions, comme Lassa et la banlieue sud, par respect pour « certaines spécificités », pour « éviter au pays certaines tensions » et parce que les nerfs de certains sont à fleur de peau.

Parfait.

Sauf que l’exception demandée aux journalistes de la MTV, et, au-delà, à la moitié au moins de la population libanaise, devrait être applicable à tous, réciprocité, égalité oblige – quand bien même cette exception-là est terrible et abjecte, parce qu’elle est une atteinte fondamentale à la souveraineté et qu’elle est elle-même née d’une inégalité fondamentale, due à la présence « des » armes.

Sans compter qu’elle ouvre la voie à un fédéralisme de fait sur le terrain, dessinant unilatéralement des lignes rouges sectaires et communautaires.

Admettons alors cette exception au droit de circuler, en théorie pure.

Pourquoi serait-elle uniquement applicable à une seule partie et à la faveur de l’autre ? Pourquoi serait-il permis au Hezbollah de faire de la provocation sur le littoral de Jdeideh – initiative heureusement empêchée hier par le ministre de l’Intérieur, loué soit-il – alors qu’il serait interdit à une équipe de topographes de la Ligue maronite de se rendre à Lassa ?

Pourrait-on envisager un instant une manifestation anti-Assad à Jezzine ou à Debel ou Aïn Ebel ?

Pourquoi serait-il permis aux pro-Assad de manifester là où ils le veulent et quand ils le veulent, tandis que les nombreux partisans au Liban des révolutionnaires de Homs et Hama sont menacés dès lors qu’ils souhaitent tenir un congrès politique entre quatre murs ?

La réponse est claire : les armes, les chouettes, les brillantes, avec les « surhommes » du Hezbollah à la gâchette – pour plagier l’ami Ferré – et leurs interminables privilèges.


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