Mon Vieux Rami*

27/10/2018

À la mémoire de Rami Azzam (1979-2003)

Y’a tout à l’heure, quinze ans d’malheur, mon vieux Rami

Qu’au paradis des bons copains t’es reparti

Parti bon train voir si Tonton Georges et l’Trompettiste

S’amusent à rendre nos chers aïeux un peu moins tristes 

Quinze ans déjà qu’sourire aux lèvres, tu t’en allais

Mener l’Grand Raid avec Chef Jacques et ses routiers 

D’ton beau Ciel Bleu, par Sainte-Rita, pardonne-nous

Nous n’savions pas qu’nos idéaux s’casseraient le cou 

C’est une erreur mais ceux qui aiment le plus la vie

L’bon Dieu les prend pour les garder auprès de lui 

Mon vieux, tu as dû t’contenter d’une vingtaine d’années 

Pour nous des siècles qu’rien n’pourra jamais effacer 

Et les copains suivaient l’sapin, le cœur serré

Tous certains que ton trou dans l’eau n’s’rait pas refermé   

Mais qu’dans nos cœurs resterait la flamme qu’t’as allumée 

Ce feu de camp qui nous tient chaud, ton amitié   

Depuis mon vieux, qu’au fond des cieux, tu as fait ton trou

Il a coulé de l’eau sous les ponts de chez nous

Les bons enfants, au gré des flots, furent emportés

Et avec eux les grandes idées ont toutes sombré  

Mais aucun d’eux n’a pu oublier ta droiture 

‘Y a les méandres de l’oubli, puis ‘y a ton cœur pur 

Tous ces pierrots ont l’cœur si gros qu’tu sois parti

Qu’ils s’demandent parfois quand elle finit, la plaisanterie  

Quel temps fait-il chez les gentils de l’au-delà 

T’la coules-tu douce entre les roses et les lilas   

Ici c’est plutôt la sombre ère des navets 

D’la mauvaise herbe et des poubelles et des aves 

Aujourd’hui papa, pour sûr que tu s’rais marié

Avec une belle bien de chez nous et trois bébés 

Mais si l’bon Dieu aime tant soit peu la poésie 

Au firmament, tu t’plais sûr’ment, mon vieux Rami

*Merci Georges Brassens 


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