Compensations vitales 

Michel HAJJI GEORGIOU

27/11/2024

La propagande de consolation menée par le Hezbollah est de bonne guerre. 

Après tout, et en dépit du déni de ses partisans, le Hezb sait mieux que quiconque, combien il a perdu et ce qu’il a perdu dans ce conflit – et dans cette paix pénible ! À commencer par sa légitimité, son aura, sa raison d’être, ses leaders…

Cette « conversion » de la défaite a des objectifs multiples, politiques et moraux, que ce soit dans les rapports de force avec les autres communautés ou les dynamiques internes propres à la communauté chiite elle-même. 

Cependant, indépendamment du Hezbollah lui-même et de sa rhétorique propagandiste, il faut comprendre ceux qui se rattachent à présent, dans la tourmente, à un sentiment illusoire de victoire-compensation, surtout ceux qui ont tout perdu. 

Il est difficile de tirer un trait sur le passé dans la tragédie, surtout lorsque tous les repères, du toit ancestral à la « figure-toit » – la figure totémique du « père » rassurant et tout-puissant – ne sont plus.

La survie, psychique ou physique, suppose l’établissement d’une certaine continuité, même si elle est construite, mythologique, en rupture avec la réalité.

C’est à l’État libanais – s’il décide un jour d’exister et d’assumer pleinement ses fonctions – de garantir un retour à la réalité, en encadrant les victimes, pour qu’elles ne se retrouvent pas enfermées dans cet univers-carcan mythologique.

Sinon, ce dernier sera, une fois de plus, exploité par les monstres.


En savoir plus sur Beirut Unbound

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.


Laisser un commentaire