Mike Nichols a fait ses derniers adieux à Mrs. Robinson…

Il possédait ce don inouï de pouvoir ressortir toute la grandeur, toute la démesure, toute la rage sédimentée au plus profond de ses acteurs, dans le cadre de ce drame absolu et permanent qu’est la vie quotidienne. Dans l’espace théâtral de ses mises en scène à l’écran, il donnait ainsi en pâture aux spectateurs le déchirement de personnalités exaltées et torturées, bestiales même, exhibant jusqu’à l’indécence, parfois jusqu’à l’obscénité, les recoins les plus sombres, les plus nus et les plus tortueux de l’âme et des relations humaines. … Lire la suite Mike Nichols a fait ses derniers adieux à Mrs. Robinson…

Les Derniers Samouraïs

Il m’est demandé aujourd’hui, à l’occasion de cette table-ronde autour de l’excellent et dense ouvrage de Michel Touma, de rendre hommage à trois grands journalistes, qui ont marqué et continuent de marquer l’histoire de la presse, non seulement à l’échelle de L’Orient-Le Jour, naturellement, mais aussi de la nation libanaise : Christian Merville, Issa Goraieb et Nagib Aoun. … Lire la suite Les Derniers Samouraïs

À un poète disparu….

Robin Williams avait ce talent inouï, magnétique, de faire rire aux éclats, de passer d’un état cryogénique à celui d’une véritable tornade en quelques millièmes de seconde. Si bien que cette tristesse infinie au fond de ses yeux, il savait la dissimuler derrière un air facétieux de lutin bondissant, intenable, entretenu depuis ses débuts à la télévision avec Mork and Mindy, à la fin des années 70. … Lire la suite À un poète disparu….

Apprentissages

Que veux-tu, Nathanaël, soixante-dix ans, c’est lourd. On perd sa prestance, son prestige. On tombe de son piédestal. On accepte son déchirement, sa déchéance ; pire même, on apprend à s’y complaire. On oublie les visages et on oublie les voix. Ou alors on les réinvente. Que dis-je, on les remplace par des masques, par des marionnettes. On oublie même de dialoguer avec les morts. Le cœur, quand ça bat plus…  … Lire la suite Apprentissages

La « hainamoration » selon Leonard Cohen… 

Il y a un peu plus de quarante ans, en 1971, le chanteur-compositeur-interprète Leonard Cohen livrait au monde son troisième album, d’une intensité émotionnelle rare, à la fois beau et terrible, sauvage et indolent, particulièrement sombre, et pourtant parsemé de lumière : « Songs of Love and Hate ». Dix chansons si puissantes, pénétrantes, bouleversantes, qu’un critique peu astucieux dira de Cohen que sa musique est « à se couper les veines »… Et pour cause : l’on n’a pas affaire ici avec la variété bien léchée proposée par les célèbres folksingers de l’époque.  … Lire la suite La « hainamoration » selon Leonard Cohen… 

Voyage au bout de l’infirmité du désir

Le protagoniste de Gérard Bejjani, décide, à l’orée de la cinquantaine, d’initier sa propre quête du Graal, sa propre introspection salutaire. Retrouver celui qui, dans sa plus tendre jeunesse, en un instant fugace, et par le simple geste d’une main posée sur la sienne, a fait chavirer toute son existence.  … Lire la suite Voyage au bout de l’infirmité du désir

Grégoire Haddad, un humanisme incompris 

La lecture de l’excellente biographie de mon collègue Michel Touma consacrée à « l’évêque laïc et rebelle » Grégoire Haddad n’est pas sans immédiatement évoquer le souvenir de la préface de La Dernière tentation du Christ du grand Nikos Kazantzakis. Après la rédaction de ce chef-d’œuvre, en 1953, qui explore le thème de la double substance du Christ, Kazantzakis avait subi les foudres de l’Église orthodoxe, qui l’avait aussitôt anathémisé, puis celles du Vatican, qui avait mis son ouvrage à l’Index. … Lire la suite Grégoire Haddad, un humanisme incompris