Grégoire Haddad, un humanisme incompris 

La lecture de l’excellente biographie de mon collègue Michel Touma consacrée à « l’évêque laïc et rebelle » Grégoire Haddad n’est pas sans immédiatement évoquer le souvenir de la préface de La Dernière tentation du Christ du grand Nikos Kazantzakis. Après la rédaction de ce chef-d’œuvre, en 1953, qui explore le thème de la double substance du Christ, Kazantzakis avait subi les foudres de l’Église orthodoxe, qui l’avait aussitôt anathémisé, puis celles du Vatican, qui avait mis son ouvrage à l’Index. … Lire la suite Grégoire Haddad, un humanisme incompris 

Gérard Bejjani, ce bateau ivre de pudeur, d’éclat et de générosité…

Gérard Bejjani, cet homme que l’ordre des Palmes académiques a su distinguer hier avec l’intelligence du cœur, a l’éloquence paradoxale des grands timides, l’éclat des grands esthètes, la passion des grands humanistes, la discipline des grands ascètes, la discrétion et l’humilité des grands esprits. … Lire la suite Gérard Bejjani, ce bateau ivre de pudeur, d’éclat et de générosité…

Ô Capitaine, mon capitaine !

Grâce à vous, nous avons eu un luxe rare à 17 ans de pouvoir découvrir des mondes que nous n’aurions peut-être jamais côtoyés autrement. Vous nous emmeniez en effet toujours au-delà du monde sensible, dans l’univers de l’invisible, pour tenter de voir avec le cœur ce que les yeux ne pouvaient pas comprendre.  Racine, Flaubert, Camus, Sartre, Baudelaire, Rimbaud, évidemment, Corbière, Cros, Lautréamont, Artaud, Verhaeren, Mallarmé, Moravia, Hesse, Marquez, Zweig, Mishima, Kazantzakis, Kawabata, Pessoa, Garcia Lorca, Tournier – j’en oublie évidemment beaucoup… mais aussi Van Gogh, Klimt, Monet, Cézanne, Gauguin et toute une chorale de peintres qui, toujours grâce à cet authentique passeur entre les rives de l’Art que vous êtes, que nous apprenions à écouter avec des yeux contemplatifs comme du Mozart ou du Bach… … Lire la suite Ô Capitaine, mon capitaine !

Placebo pour complexes existentiels

C’est à se demander parfois s’il sert encore à quelque chose de rationaliser, d’échafauder encore des argumentations logiques, avec plusieurs exemples à l’appui, pour prouver l’insondable stupidité de ces « boycotteurs d’Israël » qui n’ont rien trouvé de mieux qu’un groupe de rock, Placebo, pour bouc émissaire … Lire la suite Placebo pour complexes existentiels

Un héros (très) discret

Jean Salem est mort samedi comme il a vécu, dans ce paradoxe absolu entre sa gigantesque stature d’érudit – celle-là qui a conduit tant d’énergies négatives à vouloir, par mesquinerie, le « tuer » académiquement – et sa modestie mortifiante, sa discrétion extraordinaire. Un paradoxe qui rend tout hommage à tout ce qu’il a été une aventure quasiment impossible. … Lire la suite Un héros (très) discret

De la maestria…

On dit que la vieillesse débute à l’âge où l’on commence à perdre ses maîtres. Samir Abichaker, professeur de langue française, instructeur de générations entières, n’a pas été le mien sur les bancs de l’école. Comment pourtant expliquer ce sentiment pressant, omniprésent, aujourd’hui, de la perte du maître ? … Lire la suite De la maestria…

Interdictions et ignorance 

La censure, encore et toujours… Au Liban, pays qui se considère comme une démocratie libérale ouverte à la différence et aux singularités, certaines autorités s’arrogent encore le droit de décider -pour les autres- de ce qui peut être lu, vu, entendu, dit et montré. Comme si le citoyen libanais n’était pas un être adulte, responsable et averti. … Lire la suite Interdictions et ignorance 

Cette adolescente qui dérange… 

Le Hezbollah a censuré des extraits du Journal d’Anne Frank dans un manuel scolaire en raison de leur contenu émotionnel, qu’ils perçoivent comme une menace à leur idéologie. Cette démarche illustre un paradoxe entre leur lutte pour la liberté d’expression et leur censure des œuvres susceptibles de nuire à leur narrative. … Lire la suite Cette adolescente qui dérange… 

Préparer le Liban de demain

Lorsque jaillit en Rami l’idée de ce prix, au début même de cette décennie, elle était associée à une fonction bien précise qui s’inscrivait directement dans la lignée de la résistance culturelle prônée par le père Sélim Abou aussi bien dans ses discours à l’occasion de la Saint-Joseph que de ses entretiens au rectorat avec les cadres estudiantins. Il s’agissait d’encourager les jeunes à créer et à innover sur le plan culturel et artistique, et donc de promouvoir implicitement la liberté d’expression et de pensée en des temps de dure répression. … Lire la suite Préparer le Liban de demain