Leonard Cohen, l’homme qui chante avec les anges 

Le 21 octobre 2016, le poète et chanteur canadien Leonard Cohen mettait un point final à son propre livre de psaumes, à travers son ultime opus de neuf chansons, You Want It darker. Un album-épitaphe aux tonalités de chant du cygne, pas tant en raison de la noirceur de ses textes – suggérée, du reste, par la chanson éponyme et le titre lui-même – que de leur insondable sérénité.  … Lire la suite Leonard Cohen, l’homme qui chante avec les anges 

Nouhad Souhaid, l’archétype de la femme-courage, n’est plus

Le Liban a perdu lundi l’ancienne députée Nouhad Germanos Souhaid, l’une des figures iconiques du leadership féminin au sein de la vie politique libanaise et l’un des grands symboles de la région de Jbeil. Tout un pan de l’histoire des grandes rivalités politiques de la ville entre le Helf et le Nahj s’en va avec elle.
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Le Printemps du Patriarche

La reconquête de la souveraineté libanaise entre 1990 et 2005 fut influencée par de nombreuses volontés, notamment celle du patriarche maronite Nasrallah Sfeir. Son rôle consistait à préserver l’indépendance des chrétiens face aux défis militaires et politiques, soulignant une opposition non violente au régime syrien et promouvant l’unité nationale chrétienne. … Lire la suite Le Printemps du Patriarche

Hani Fahs, ou l’interminable nuit qui commence…

Il se dégage de lui une aura singulière, une force tranquille à déplacer les montagnes. Certes, dans la conversation passionnée transparaissent rapidement le grand humaniste, son bouillonnement interne, son foisonnement d’idées, sa personnalité si riche et si complexe, venue depuis belle lurette à bout de toutes les identités meurtrières. Cependant, au dehors, Hani Fahs est un arbre de vie, un roc de sérénité – un peu Gandalf, un peu maître zen, un peu philosophe des Lumières, avec un zest de facétie lutine, même. … Lire la suite Hani Fahs, ou l’interminable nuit qui commence…

Ray Manzarek a pris l’autoroute jusqu’au bout de la nuit…

Manzarek était réellement un génie, parmi ceux qui ont probablement influencé toute la décennie suivante, hautement psychédélique. Né le 12 février 1939 à Chicago, ce fils d’ouvriers immigrés polonais avait su tirer l’essence folle des pianistes de boogie-woogie des années 1950 pour transmuter cette folie dans des mélopées hypnotiques de rock acide. Jamais, comme avec les Doors, à partir de 1967, les synthétiseurs n’expriment autant l’invitation à un voyage au bout de l’angoisse poétique langoureuse et délirante, mi-paradisiaque, mi-infernale, imaginée et chantée par Morrison. … Lire la suite Ray Manzarek a pris l’autoroute jusqu’au bout de la nuit…

Requiem pour Ignace IV Hazim

La disparition hier du patriarche grec-orthodoxe Ignace IV Hazim est venue assombrir un tableau déjà bien peu reluisant. Comme si, avec la disparition du patriarche Hazim – celui qui avait bien su se garder, durant tant de décennies, et à partir de Damas même, de sombrer dans la servitude au régime d’Assad alors même que ce genre de régime ne peut tolérer que les vassaux serviles -, c’est tout un ordre, toute une époque qui disparaît aussi. … Lire la suite Requiem pour Ignace IV Hazim

Assem Salam… sur un air de requiem

ssem Salam, un homme raffiné, structuré, flegmatique, pince-sans-rire et d’une culture incroyable – une espèce réellement en voie de disparition -, s’était lancé, à l’aube des années 2000, dans une nouvelle bataille, pour la souveraineté et l’indépendance de son pays. Pour la démocratie et le dialogue, aussi : l’une de ses hantises était de jeter des passerelles entre les Libanais pour panser les plaies de la guerre civile, … Lire la suite Assem Salam… sur un air de requiem

Le jour où le journalisme est mort

Ghassan Tuéni aura eu le destin d’un demi-dieu maudit de la mythologie grecque. Une sorte de Prométhée moderne, puni de porter en lui ce génie flamboyant, cette liberté d’esprit atypique et ce goût immodéré de la culture de paix, et de vouloir les transmettre contre vents et marées à ses concitoyens dans un pays progressivement abandonné à la violence, la barbarie et la médiocrité. … Lire la suite Le jour où le journalisme est mort

Gérard Bejjani, ce bateau ivre de pudeur, d’éclat et de générosité…

Gérard Bejjani, cet homme que l’ordre des Palmes académiques a su distinguer hier avec l’intelligence du cœur, a l’éloquence paradoxale des grands timides, l’éclat des grands esthètes, la passion des grands humanistes, la discipline des grands ascètes, la discrétion et l’humilité des grands esprits. … Lire la suite Gérard Bejjani, ce bateau ivre de pudeur, d’éclat et de générosité…

Un héros (très) discret

Jean Salem est mort samedi comme il a vécu, dans ce paradoxe absolu entre sa gigantesque stature d’érudit – celle-là qui a conduit tant d’énergies négatives à vouloir, par mesquinerie, le « tuer » académiquement – et sa modestie mortifiante, sa discrétion extraordinaire. Un paradoxe qui rend tout hommage à tout ce qu’il a été une aventure quasiment impossible. … Lire la suite Un héros (très) discret