La fraîcheur culturelle au temps du paradoxe

Une anecdote, récurrente depuis un certain temps, notamment sur les réseaux sociaux, s’amuse à tourner en bourrique Télé-Liban, considérée comme étant une chaîne vieillotte qui serait irrémédiablement figée dans le temps, une sorte de boîte à souvenirs audiovisuels remontant à un âge d’or depuis longtemps révolu. … Lire la suite La fraîcheur culturelle au temps du paradoxe

Voyage au bout de l’enfer

Il est difficile de ne pas penser, avec effroi, à la mise en garde gravée sur le portail de l’Enfer de Dante, en parcourant les pages sombres, apocalyptiques, – mais pourtant parsemées d’éclats de lumière – de la folle équipée à laquelle nous invite Sofia Amara dans son premier ouvrage, à travers les villes et les régions syriennes, happées une à une dans le tourbillon de violence généré par la répression assadiste de la révolution civile à partir de mars 2011.    … Lire la suite Voyage au bout de l’enfer

Presque un siècle… et pas pour rien !

L’Orient-Le Jour a un siècle… ou presque. 90 ans. 

Un âge vénérable pour une institution dont l’histoire se confond avec celle du Liban. 

Cependant, « pour devenir centenaire, il faut commencer jeune », à en croire un dicton russe. L’intérêt de L’Orient-Le Jour, c’est qu’il a sans doute su préserver, à travers le siècle, sa jeunesse, et se réinventer constamment, en dépit des épreuves terribles qui ont dévasté le Liban, – sans épargner, symbiose oblige, l’équipe du journal. … Lire la suite Presque un siècle… et pas pour rien !

Apprentissages

Que veux-tu, Nathanaël, soixante-dix ans, c’est lourd. On perd sa prestance, son prestige. On tombe de son piédestal. On accepte son déchirement, sa déchéance ; pire même, on apprend à s’y complaire. On oublie les visages et on oublie les voix. Ou alors on les réinvente. Que dis-je, on les remplace par des masques, par des marionnettes. On oublie même de dialoguer avec les morts. Le cœur, quand ça bat plus…  … Lire la suite Apprentissages

Quand la terreur fait recette… 

La « contre-révolution du Cèdre » initiée par le Hezbollah sitôt accompli le retrait politique et militaire du régime syrien en avril 2005 n’avait jusqu’à présent pas fait l’objet d’une étude propre et exhaustive. C’est à présent chose faite – non sans brio – avec l’essai court et particulièrement dense de Jocelyne el-Boustany intitulé Le Temps de l’intimidation, La guerre psychologique du Hezbollah, préfacé par te professeur Saoud el-Maoula et publié aux éditions L’Orient des Livres. … Lire la suite Quand la terreur fait recette… 

Voyage au bout de l’infirmité du désir

Le protagoniste de Gérard Bejjani, décide, à l’orée de la cinquantaine, d’initier sa propre quête du Graal, sa propre introspection salutaire. Retrouver celui qui, dans sa plus tendre jeunesse, en un instant fugace, et par le simple geste d’une main posée sur la sienne, a fait chavirer toute son existence.  … Lire la suite Voyage au bout de l’infirmité du désir

Grégoire Haddad, un humanisme incompris 

La lecture de l’excellente biographie de mon collègue Michel Touma consacrée à « l’évêque laïc et rebelle » Grégoire Haddad n’est pas sans immédiatement évoquer le souvenir de la préface de La Dernière tentation du Christ du grand Nikos Kazantzakis. Après la rédaction de ce chef-d’œuvre, en 1953, qui explore le thème de la double substance du Christ, Kazantzakis avait subi les foudres de l’Église orthodoxe, qui l’avait aussitôt anathémisé, puis celles du Vatican, qui avait mis son ouvrage à l’Index. … Lire la suite Grégoire Haddad, un humanisme incompris 

Gérard Bejjani, ce bateau ivre de pudeur, d’éclat et de générosité…

Gérard Bejjani, cet homme que l’ordre des Palmes académiques a su distinguer hier avec l’intelligence du cœur, a l’éloquence paradoxale des grands timides, l’éclat des grands esthètes, la passion des grands humanistes, la discipline des grands ascètes, la discrétion et l’humilité des grands esprits. … Lire la suite Gérard Bejjani, ce bateau ivre de pudeur, d’éclat et de générosité…

Ô Capitaine, mon capitaine !

Grâce à vous, nous avons eu un luxe rare à 17 ans de pouvoir découvrir des mondes que nous n’aurions peut-être jamais côtoyés autrement. Vous nous emmeniez en effet toujours au-delà du monde sensible, dans l’univers de l’invisible, pour tenter de voir avec le cœur ce que les yeux ne pouvaient pas comprendre.  Racine, Flaubert, Camus, Sartre, Baudelaire, Rimbaud, évidemment, Corbière, Cros, Lautréamont, Artaud, Verhaeren, Mallarmé, Moravia, Hesse, Marquez, Zweig, Mishima, Kazantzakis, Kawabata, Pessoa, Garcia Lorca, Tournier – j’en oublie évidemment beaucoup… mais aussi Van Gogh, Klimt, Monet, Cézanne, Gauguin et toute une chorale de peintres qui, toujours grâce à cet authentique passeur entre les rives de l’Art que vous êtes, que nous apprenions à écouter avec des yeux contemplatifs comme du Mozart ou du Bach… … Lire la suite Ô Capitaine, mon capitaine !

Un héros (très) discret

Jean Salem est mort samedi comme il a vécu, dans ce paradoxe absolu entre sa gigantesque stature d’érudit – celle-là qui a conduit tant d’énergies négatives à vouloir, par mesquinerie, le « tuer » académiquement – et sa modestie mortifiante, sa discrétion extraordinaire. Un paradoxe qui rend tout hommage à tout ce qu’il a été une aventure quasiment impossible. … Lire la suite Un héros (très) discret