Au cœur du « malentendu »… 

Sans doute faudra-t-il un jour expliquer aux Libanais ce qu’ils ont perdu lorsque, dans la matinée du  2 juin 2005, l’intellectuel arabe le plus avant-gardiste de son époque – et, ironiquement, le plus incompris dans son pays d’origine – tombait sous le coup d’un assassinat terroriste. Pour une grande partie de ses compatriotes libanais, Samir Kassir est en effet surtout le martyr de l’intifada de l’indépendance ; celui qui osa le premier défier l’hydre sécuritaire libano-syrienne lorsque seuls quelques jeunes étudiants inconscients et téméraires, ainsi qu’une poignée d’irréductibles activistes s’aventuraient encore sur les chemins périlleux de la liberté.  … Lire la suite Au cœur du « malentendu »… 

Charif Akhawi, ou la résilience citoyenne

« Selké wou emné » (praticable et sûre). L’expression est désormais bien ancrée dans les mémoires et symbolise tout le combat d’une société qui n’a eu de cesse, quinze ans durant, de résister pour ne pas perdre son humanité, à l’heure où le pays était entièrement plongé dans le cycle infernal du sang et de la haine. Si bien que, même pour les générations qui n’ont pas connu la guerre, le souvenir de Charif Akhawi, disparu il y a exactement 23 ans, le 9 avril 1987, reste particulièrement vivace. … Lire la suite Charif Akhawi, ou la résilience citoyenne

Nous ne renoncerons ni à la vérité ni à la justice 

La campagne contre les Forces libanaises et l’emprisonnement de leur leader, Samir Geagea, s’inscrivaient dans une offensive méthodique visant à soumettre le Liban à l’occupation syrienne, à briser l’unité islamo-chrétienne et à renverser l’Accord de Taëf. Cette unité était – et demeure aujourd’hui encore – la clé de voûte de la souveraineté et de l’indépendance libanaises. … Lire la suite Nous ne renoncerons ni à la vérité ni à la justice 

Rappel à l’ordre

Le public du 14 Mars a renouvelé hier son allégeance au projet et aux objectifs de l’intifada de l’indépendance, et il est venu confirmer à ses chefs qu’il a voté pour un programme bien précis le 7 juin dernier. Il est venu se rappeler à leur bon souvenir dans le cadre de la bataille d’options, de la guerre culturelle que le projet souverainiste continue de livrer face à l’axe syro-iranien. Plus que cela, Il est venu les rappeler à l’ordre. … Lire la suite Rappel à l’ordre

Préparer le Liban de demain

Lorsque jaillit en Rami l’idée de ce prix, au début même de cette décennie, elle était associée à une fonction bien précise qui s’inscrivait directement dans la lignée de la résistance culturelle prônée par le père Sélim Abou aussi bien dans ses discours à l’occasion de la Saint-Joseph que de ses entretiens au rectorat avec les cadres estudiantins. Il s’agissait d’encourager les jeunes à créer et à innover sur le plan culturel et artistique, et donc de promouvoir implicitement la liberté d’expression et de pensée en des temps de dure répression. … Lire la suite Préparer le Liban de demain

Entre tribalité et individualité 

Il existe une sorte de fantasme général d’un parricide, celui du système, qui imploserait aussitôt, emportant avec lui toute la philosophie de la convivance. Et qui serait remplacé par autant de monstruosités, comme la loi du nombre par exemple. Ou le vieux rêve de la fédération qui, au sein d’un système communautaire et clanique l’on ne peut plus rigide et qui a si peu évolué depuis Ibn Khaldoun, sonnerait probablement le glas de l’individualité, de la diversité, du droit à la différence et, surtout, des libertés politiques à l’intérieur des espaces communautaires. … Lire la suite Entre tribalité et individualité 

La Main au collet 

Invoquer Grace Kelly, oui, mille fois oui.

Pour ouvrir grand les vannes de l’imagination, et échapper à la médiocrité des méandres libanais. Et surtout pour quitter, l’espace d’un instant fugace, ce monde désenchanté en revoyant la future princesse, resplendissante, poursuivre avec assiduité un Cary Grant vieillissant dans To Catch a Thief. … Lire la suite La Main au collet 

Se souvenir de la promesse d’août 2001

S’il est une leçon que les composantes du 14 Mars devraient avoir assimilée depuis le 14 mars 2005, c’est que chacune d’entre elles n’existe quasiment plus à l’extérieur du collectif du 14 Mars ; qu’il se retrouve immédiatement réduit à sa dimension communautaire ou partisane, sinon – et le phénomène est tout à fait nouveau – spécifiquement clanique, dans la mesure où même le public communautaire et partisan s’est « 14 marsisé » et s’identifie désormais plus au collectif qu’aux personnes. … Lire la suite Se souvenir de la promesse d’août 2001

Le bûcher des vanités 

Après avoir cru, au terme de l’année 2005, dans ce fol espoir tracé en lettres de sang par Rafic Hariri, Georges Haoui, Samir Kassir et Gebran Tuéni, et proclamé solennellement l’avancée inexorable de la révolution du Cèdre ; après avoir senti, fin 2006, les premiers doutes poindre sur l’avenir, avec l’accord de dupes signé à Mar Mikhaël et les débuts féroces de la contre-révolution ; après avoir tenté de sublimer l’impasse et les angoisses, et de s’évader, partant, dans un nécessaire processus de recréation du Liban ; voici enfin venu l’heure de vérité. Il n’est désormais plus question d’aller se réfugier dans une douce utopie quelconque pour fuir certaines réalités effarantes, de vivre dans ce déni malsain qui nous maintient, depuis cinq ans déjà, dans un insupportable état d’incontinence civique et politique. 
L’heure de la résistance est venue. … Lire la suite Le bûcher des vanités