Mike Nichols a fait ses derniers adieux à Mrs. Robinson…

Il possédait ce don inouï de pouvoir ressortir toute la grandeur, toute la démesure, toute la rage sédimentée au plus profond de ses acteurs, dans le cadre de ce drame absolu et permanent qu’est la vie quotidienne. Dans l’espace théâtral de ses mises en scène à l’écran, il donnait ainsi en pâture aux spectateurs le déchirement de personnalités exaltées et torturées, bestiales même, exhibant jusqu’à l’indécence, parfois jusqu’à l’obscénité, les recoins les plus sombres, les plus nus et les plus tortueux de l’âme et des relations humaines. … Lire la suite Mike Nichols a fait ses derniers adieux à Mrs. Robinson…

Les Derniers Samouraïs

Il m’est demandé aujourd’hui, à l’occasion de cette table-ronde autour de l’excellent et dense ouvrage de Michel Touma, de rendre hommage à trois grands journalistes, qui ont marqué et continuent de marquer l’histoire de la presse, non seulement à l’échelle de L’Orient-Le Jour, naturellement, mais aussi de la nation libanaise : Christian Merville, Issa Goraieb et Nagib Aoun. … Lire la suite Les Derniers Samouraïs

Presque un siècle… et pas pour rien !

L’Orient-Le Jour a un siècle… ou presque. 90 ans. 

Un âge vénérable pour une institution dont l’histoire se confond avec celle du Liban. 

Cependant, « pour devenir centenaire, il faut commencer jeune », à en croire un dicton russe. L’intérêt de L’Orient-Le Jour, c’est qu’il a sans doute su préserver, à travers le siècle, sa jeunesse, et se réinventer constamment, en dépit des épreuves terribles qui ont dévasté le Liban, – sans épargner, symbiose oblige, l’équipe du journal. … Lire la suite Presque un siècle… et pas pour rien !

Apprentissages

Que veux-tu, Nathanaël, soixante-dix ans, c’est lourd. On perd sa prestance, son prestige. On tombe de son piédestal. On accepte son déchirement, sa déchéance ; pire même, on apprend à s’y complaire. On oublie les visages et on oublie les voix. Ou alors on les réinvente. Que dis-je, on les remplace par des masques, par des marionnettes. On oublie même de dialoguer avec les morts. Le cœur, quand ça bat plus…  … Lire la suite Apprentissages

Ray Manzarek a pris l’autoroute jusqu’au bout de la nuit…

Manzarek était réellement un génie, parmi ceux qui ont probablement influencé toute la décennie suivante, hautement psychédélique. Né le 12 février 1939 à Chicago, ce fils d’ouvriers immigrés polonais avait su tirer l’essence folle des pianistes de boogie-woogie des années 1950 pour transmuter cette folie dans des mélopées hypnotiques de rock acide. Jamais, comme avec les Doors, à partir de 1967, les synthétiseurs n’expriment autant l’invitation à un voyage au bout de l’angoisse poétique langoureuse et délirante, mi-paradisiaque, mi-infernale, imaginée et chantée par Morrison. … Lire la suite Ray Manzarek a pris l’autoroute jusqu’au bout de la nuit…

Voyage au bout de l’infirmité du désir

Le protagoniste de Gérard Bejjani, décide, à l’orée de la cinquantaine, d’initier sa propre quête du Graal, sa propre introspection salutaire. Retrouver celui qui, dans sa plus tendre jeunesse, en un instant fugace, et par le simple geste d’une main posée sur la sienne, a fait chavirer toute son existence.  … Lire la suite Voyage au bout de l’infirmité du désir

Assem Salam… sur un air de requiem

ssem Salam, un homme raffiné, structuré, flegmatique, pince-sans-rire et d’une culture incroyable – une espèce réellement en voie de disparition -, s’était lancé, à l’aube des années 2000, dans une nouvelle bataille, pour la souveraineté et l’indépendance de son pays. Pour la démocratie et le dialogue, aussi : l’une de ses hantises était de jeter des passerelles entre les Libanais pour panser les plaies de la guerre civile, … Lire la suite Assem Salam… sur un air de requiem

Grégoire Haddad, un humanisme incompris 

La lecture de l’excellente biographie de mon collègue Michel Touma consacrée à « l’évêque laïc et rebelle » Grégoire Haddad n’est pas sans immédiatement évoquer le souvenir de la préface de La Dernière tentation du Christ du grand Nikos Kazantzakis. Après la rédaction de ce chef-d’œuvre, en 1953, qui explore le thème de la double substance du Christ, Kazantzakis avait subi les foudres de l’Église orthodoxe, qui l’avait aussitôt anathémisé, puis celles du Vatican, qui avait mis son ouvrage à l’Index. … Lire la suite Grégoire Haddad, un humanisme incompris