Le Temps du Tribunal

Si lassitude il y a, si la fatigue s’est emparée des esprits et des cœurs avec la banalisation de la violence et de l’injustice dans cette partie du monde, au rythme des carnages et de la barbarie du régime syrien à l’encontre de son peuple dans l’indifférence quasi générale de l’humanité, cela n’enlève rien au caractère proprement historique du témoignage de Marwan Hamadé devant le Tribunal spécial pour le Liban. … Lire la suite Le Temps du Tribunal

Les Capitulations de l’Université ?*

La décision d’annuler les élections estudiantines « pour un an » prise par l’administration de l’USJ – en dépit des arguments justifiés avancés – achèvera sans doute de consacrer les campus comme des espaces vides livrés à la médiocrité et à la violence, au lieu d’en restaurer la fonction culturelle et politique. … Lire la suite Les Capitulations de l’Université ?*

Hani Fahs, ou l’interminable nuit qui commence…

Il se dégage de lui une aura singulière, une force tranquille à déplacer les montagnes. Certes, dans la conversation passionnée transparaissent rapidement le grand humaniste, son bouillonnement interne, son foisonnement d’idées, sa personnalité si riche et si complexe, venue depuis belle lurette à bout de toutes les identités meurtrières. Cependant, au dehors, Hani Fahs est un arbre de vie, un roc de sérénité – un peu Gandalf, un peu maître zen, un peu philosophe des Lumières, avec un zest de facétie lutine, même. … Lire la suite Hani Fahs, ou l’interminable nuit qui commence…

Le Liban à l’heure du syndrome d’Erostrate

Pour la neuvième séance destinée à l’élection d’un président de la République, une cinquantaine à peine de députés ont jugé bon hier de se rendre à l’hémicycle, dans ce qui ressemble désormais à une parodie de rituels anciens vaguement évocateurs d’un temps où les usages démocratiques avaient cours, et où la Constitution possédait encore une certaine valeur – si bien que le président de la Chambre, Nabih Berry, s’est lui aussi dispensé de souscrire à ses devoirs, pour la seconde fois consécutive. … Lire la suite Le Liban à l’heure du syndrome d’Erostrate

Neuf ans de solitude

Je sais que tu es horrifié, comme ceux qui n’ont toujours pas vendu leur âme au Mal, par les massacres qui se produisent en Syrie, en toute impunité. Je comprends la douleur qui te transperce face à cette insoutenable déshumanisation du monde, dont Alep, Homs, Hama, Deir ez-Zor, Deraa, ou Raqqa, sont aujourd’hui le théâtre de prédilection. J’aurais aimé entendre ton parallèle avec l’abandon de la Palestine, avant cela. Ou encore avec Auschwitz-Birkenau, Dachau ou Bergen-Belsen. Mais qui veut donc entendre, cher Samir ? Le monde ressemble plus que jamais aux trois singes… de la « sagesse ». … Lire la suite Neuf ans de solitude

La justice en marche, promesse d’une nouvelle aurore 

14 février 2005-16 janvier 2014. Neuf ans séparent l’assassinat de Rafic Hariri de la séance d’ouverture, hier, du Tribunal spécial pour le Liban, chargé de juger les auteurs présumés de l’attentat. Pourtant, en dépit de tout ce qui a été dit durant cette longue période, rien ne préparait vraiment les Libanais – ni le Liban d’ailleurs – pour ce qui s’est déroulé hier dans une bourgade paisible de La Haye. Et ce quand bien même tout avait été savamment fait, en neuf ans, pour annihiler la crédibilité du Tribunal avant même qu’il ne voie le jour.  … Lire la suite La justice en marche, promesse d’une nouvelle aurore 

Passagers meurtris, mais lumineux, recherchent justice désespérément…

C’est à bord d’un avion privé affrété par le chef du Courant du Futur, le député et ancien Premier ministre Saad Hariri, qu’un groupe des parents des victimes des figures visées par les attentats depuis l’assassinat de Rafic Hariri le 14 février 2005 (ainsi qu’un groupe de journalistes de la presse écrite et audiovisuelle), a fait le vol direct Beyrouth-La Haye hier, à la recherche de cette justice insaisissable et pourtant immanente qu’ils recherchent désespérément depuis bientôt dix ans.  … Lire la suite Passagers meurtris, mais lumineux, recherchent justice désespérément…

Apprentissages

Que veux-tu, Nathanaël, soixante-dix ans, c’est lourd. On perd sa prestance, son prestige. On tombe de son piédestal. On accepte son déchirement, sa déchéance ; pire même, on apprend à s’y complaire. On oublie les visages et on oublie les voix. Ou alors on les réinvente. Que dis-je, on les remplace par des masques, par des marionnettes. On oublie même de dialoguer avec les morts. Le cœur, quand ça bat plus…  … Lire la suite Apprentissages