Nous étouffons, lâchez prise

Depuis l’océan de vie du printemps de Beyrouth, la sinistrose a contaminé l’ensemble du pays, et vous y avez grandement contribué, à travers vos interminables querelles politiques et votre incapacité, jusqu’à présent, à donner corps, ne serait-ce qu’un tantinet, à l’État. Cet État, apparemment voué à rester cette merveilleuse chimère dont on use, non sans cynisme, pour consoler les amoureux transis, ceux qui ont perdu toute illusion mais qu’il faut cependant maintenir en vie, dans l’espoir qu’il y ait, justement, de l’espoir. … Lire la suite Nous étouffons, lâchez prise

Quand s’ouvrent les portes de l’enfer 

Plus d’une cinquantaine de vies humaines, alors même que nous sommes supposés avoir enfin compris, au lendemain de trente ans de guerre, que RIEN, aucune idée, aucune cause, aucun combat n’est plus important que le droit à la vie… Des prévisions s’élevant à 4,4 milliards de dollars de pertes dans le seul secteur touristique, la saison estivale qui s’en va à tire d’ailes, les touristes qui décommandent ou qui fuient, sans oublier l’infrastructure qui vole en éclats… Et c’est bien évidemment à la population civile que reviendra la tâche ingrate de rebâtir encore une fois ce qui aura été détruit…  … Lire la suite Quand s’ouvrent les portes de l’enfer 

Des hommes d’honneur

Que ces chefs aient enfin décidé d’assumer leurs responsabilités et de mettre fin à leurs infinies querelles sémantiques, c’est très bien. Qu’ils aient enfin compris que l’espace du politique n’est pas celui des échanges d’insultes, qu’il ne se limite pas à la déconstruction, voire à la destruction de l’image de l’autre, c’est magnifique. Qu’ils aient choisi, dans un sursaut de moralité, de laisser enfin un peu de place au véritable dialogue, qui ne saurait être la somme de plusieurs monologues, grand bien leur fasse. Que, pour couronner le tout, ils signent un « pacte d’honneur » pour mettre fin aux tensions qui risquent à tout moment de faire du pays une gigantesque pétaudière, c’est tout à leur honneur. 

Cependant, ce pacte d’honneur ne saurait à aucun moment se transformer en instrument liberticide justifiant, sous des dehors vertueux et au nom du bien commun, des atteintes à la liberté d’expression. … Lire la suite Des hommes d’honneur

Kamal el-Hage, ou le retour du Liban à lui-même

L’importance du pacte national, qui scelle la symbiose islamo-chrétienne, la « naslamiyya » dans un cadre politique libanais, Kamal el-Hage la voyait clairement : il s’agissait pour lui de rien moins que la principale étape fondatrice du Liban libre et indépendant. Cela, il l’avait compris, tout comme il avait pressenti que ce n’était pas la formule consensuelle qu’il fallait remettre en question au vu des revers de l’après-1943, mais l’ensemble de la classe politique libanaise, responsable, dans la pratique, des nombreuses erreurs enregistrées sur la scène nationale. … Lire la suite Kamal el-Hage, ou le retour du Liban à lui-même

L’ultime « intifada dans l’intifada »

Un peuple (pour éviter le vocable polémique de « nation ») ne peut pas vivre sans idéal. Il ne peut vivre sans rêves. Il peut se contenter d’être, d’exister, si on abolit en lui la part du rêve, mais son existence ne sera plus une longue marche génératrice de vie. Elle sera linéaire, dépourvue d’absolu. … Lire la suite L’ultime « intifada dans l’intifada »

Le Hezbollah, de l’invincibilité à la vulnérabilité 

En mai 2000, le retrait israélien du Liban a renforcé la légitimité du Hezbollah, qui s’est positionné comme la principale force régionale. Cependant, après l’assassinat de Rafic Hariri et des changements politiques, son pouvoir a été contesté. Le Hezbollah doit maintenant naviguer dans un nouveau paysage, cherchant légitimité et partenariat avec d’autres factions libanaises. … Lire la suite Le Hezbollah, de l’invincibilité à la vulnérabilité 

L’insensé règne de l’hybride

la révolution du Cèdre est restée inachevée, et Émile Lahoud n’a pas quitté le pouvoir. La logique même aurait voulu que le pouvoir cesse d’être schizophrène, et que tous les symboles de l’ancien régime s’en aillent avec le régime. Faute de quoi le pays est resté prisonnier d’une dimension intermédiaire, hybride, monstrueuse, qui ouvre la voie à toutes les éventualités. … Lire la suite L’insensé règne de l’hybride

Du front de la Gauche universelle à l’autocritique et l’ouverture

Georges Haoui avait perçu, beaucoup plus tôt que bien de ses anciens compagnons d’armes, la nécessité de prendre les chemins de l’autocritique, de remettre en question une expérience de quinze années d’une guerre destructrice. Après 1990, au moment où les seigneurs de la guerre de tous bords cherchaient un petit coin de paradis sous l’ombrelle syrienne, il avait progressivement pris ses distances, et s’était investi d’une mission sacrée : promouvoir le dialogue interne et la réconciliation nationale … Lire la suite Du front de la Gauche universelle à l’autocritique et l’ouverture