Chanter sous le ciel d’Assad 

Imaginons un instant — pure hypothèse de pensée — qu’un chanteur français ou polonais, figure tutélaire de son peuple, se produise à Berlin, quelques mois à peine après la libération de son pays, alors que le régime nazi tient toujours debout.

L’image a de quoi surprendre.

Pour ne pas dire choquer.

C’est pourtant exactement à cette aune qu’il faut mesurer la controverse soulevée par la prestation de Feyrouz en Syrie, à l’occasion de l’événement Damas, capitale culturelle du monde arabe. … Lire la suite Chanter sous le ciel d’Assad 

Prends ta plume, et enterrons les morts-vivants

D’une semaine à l’autre, j’ai par ailleurs l’l’impression de m’être réveillé à Sparte. Il n’y a pas plus que des militaires et des miliciens dans ce pays. Puisque nous sommes à la veille d’un nouveau mandat, je veux poser, comme Samir Kassir, la question suivante : Aasskar aala min ? 

Je souhaite qu’ils soient au service du citoyen et de la fondation de l’État, et pas aux dépens des libertés publiques. Les expériences avec les militaires au pouvoir n’ont pas été particulièrement heureuses. 

J’espère que le nouveau mandat ne s’édifiera pas sur les ruines de la République, des libertés et de la démocratie – en d’autres termes, de la révolution du Cèdre. … Lire la suite Prends ta plume, et enterrons les morts-vivants

Délit d’incohérence

La question n’est pas de savoir si Michel Sleiman serait ou ne serait pas un bon président de la République s’il vient finalement à être élu : il faudra le juger sur ses actes, passés les premiers temps de son mandat. Il faudra aussi qu’il soit, dans ce cadre, meilleur que ses prédécesseurs militaires à la tête de l’État qui tous, sans exception aucune, mais à des degrés différents (Fouad Chéhab n’est évidemment pas Émile Lahoud), ont utilisé le savoir-faire de l’uniforme pour crucifier les libertés publiques et ouvrir la voie à la censure. … Lire la suite Délit d’incohérence

Permis de tuer, toujours, impunément 

ierre Gemayel a été criblé de balles pour avoir commis un crime odieux : celui d’obtenir le retrait syrien du Liban, de participer à la mise en place d’un élan national de vie stoppé net par des thanatophiles. Ce n’est pas un hasard si, le soir même de son assassinat, son portrait était placardé derrière toutes les vieilles lignes de démarcation, sur les murs des quartiers populaires de ce qu’on appela un jour Beyrouth-Ouest. … Lire la suite Permis de tuer, toujours, impunément 

Un article que rien ne justifie… 

Encore une fois, la rhétorique de l’opposition est la même, le schéma simplifié à outrance, adressé à l’opposition: vous viendrez acculés, comme des « chats », à l’entente, au consensus, ou bien nous continuerons à occuper le centre-ville ; ou bien nous continuerons à nous taire sur les assassinats ; ou bien nous continuerons de boycotter la séance électorale, de fermer la Chambre, de paralyser le gouvernement, de continuer à menacer de recourir à la désobéissance civile, etc. … Lire la suite Un article que rien ne justifie… 

Le sourire de Charles 

Mais comment continuer, en cette terre de feu, à espérer, à rester agrippé au moindre soupçon de romantisme, d’idéalisme, de naïveté… comment ne pas se laisser emporter dans les torrents de cruauté qui se déversent en nous au quotidien ? Sommes-nous condamnés à n’être que des réceptacles de haine et de violence, habités par les mêmes illusions diaboliques, voués à contempler passivement ou à participer activement à la répétition des mêmes schèmes de destruction ?  … Lire la suite Le sourire de Charles 

Infiniment libres

Depuis Samir Kassir, le 2 juin 2005, l’histoire a un goût dégueulasse de répétition. Après Georges Haoui, Gebran Tuéni, Pierre Gemayel, Walid Eido, à présent… Antoine Ghanem. Qu’à cela ne tienne, il y aura un président élu le 24 novembre, malgré tout. Qu’importe si c’est aux deux tiers ou à la majorité, par consensus ou par forcing. … Lire la suite Infiniment libres

L’Arlésienne 

Mais la goutte d’eau qui fait déborder le vase, c’est cette pseudo-bataille contre le traditionalisme que le général Aoun mènerait actuellement au Metn contre Amine Gemayel. On aura du mal à le croire, au vu de l’ensemble de son comportement électoral depuis le début de cette bataille. Un fait cependant mérite qu’on s’y attarde : c’est l’absence, dans le cadre de cette lutte, du principal concerné, le candidat aouniste Camille Khoury, relégué au rang d’image (et encore !). … Lire la suite L’Arlésienne