Le Christ s’est arrêté « avant-hier » 

Ma première rencontre « virtuelle » avec Grégoire Haddad remonte à juin 2002. Oh, certes, j’avais entendu àplusieurs reprises des histoires, surtout de mes parents, sur cet « évêque rouge » anticonformiste,  et proche des pauvres, qui avait refusé tous les honneurs et suscité contre lui une véritable chasse aux sorcières dans les années 70. … Lire la suite Le Christ s’est arrêté « avant-hier » 

Voyages avec un maître  

Je ne peux compter ainsi le nombre de générations, de personnes, de personnalités que vous avez formées, en lesquels vous avez instillé un souffle nouveau, une manière toute particulière de penser et d’analyser les événements… Et c’est probablement cela votre plus grand miracle, cher Samir Frangié. Celui d’avoir donné sans compter afin d’assurer la relève. Une relève critique, responsable, éclairée, citoyenne, soucieuse du sens du politique, habitée par ce sens, et partant, capable, à son tour, comme vous, de donner un sens à la politique, et ce en élevant cette dernière vers des cimes loin de la médiocrité ambiante… Et c’est tout cela, vous, en définitive, que j’ai retrouvé dans ce Voyage au bout de la violence, auquel vous nous invitez maintenant. … Lire la suite Voyages avec un maître  

Alice au pays de la violence

En Occident, il me semble que, prenant le relais des idéologies holistes, la mondialisation, dans son aspect sauvage et déshumanisé a pris le dessus, jusqu’à présent, sur l’individuation, débouchant sur l’identitaire. En Orient en revanche, Liban inclus, c’est jusqu’à présent le triptyque tribalisme/dictature/extrémisme religieux qui a empêché l’émancipation de l’individu, de la personne humaine comme fin en soi, et qui nous maintient prisonniers de l’identitaire. La violence est en effet difficile à éradiquer. Elle est au cœur de la construction sociale. Mais elle n’est pas une fatalité. Ce qu’il faudrait peut-être, c’est venir à bout de ce voyage initiatique au bout des ténèbres de la violence, pour reprendre le titre de l’ouvrage de mon ami et maître Samir Frangié, et de commencer enfin que, « dans la relation à l’autre, il ne s’agit pas d’aller chez cet autre pour devenir comme lui, ni d’amener cet autre chez nous pour le rendre semblable à nous. … Lire la suite Alice au pays de la violence

Ô Capitaine, mon capitaine !

Grâce à vous, nous avons eu un luxe rare à 17 ans de pouvoir découvrir des mondes que nous n’aurions peut-être jamais côtoyés autrement. Vous nous emmeniez en effet toujours au-delà du monde sensible, dans l’univers de l’invisible, pour tenter de voir avec le cœur ce que les yeux ne pouvaient pas comprendre.  Racine, Flaubert, Camus, Sartre, Baudelaire, Rimbaud, évidemment, Corbière, Cros, Lautréamont, Artaud, Verhaeren, Mallarmé, Moravia, Hesse, Marquez, Zweig, Mishima, Kazantzakis, Kawabata, Pessoa, Garcia Lorca, Tournier – j’en oublie évidemment beaucoup… mais aussi Van Gogh, Klimt, Monet, Cézanne, Gauguin et toute une chorale de peintres qui, toujours grâce à cet authentique passeur entre les rives de l’Art que vous êtes, que nous apprenions à écouter avec des yeux contemplatifs comme du Mozart ou du Bach… … Lire la suite Ô Capitaine, mon capitaine !

Nous ne renoncerons ni à la vérité ni à la justice 

La campagne contre les Forces libanaises et l’emprisonnement de leur leader, Samir Geagea, s’inscrivaient dans une offensive méthodique visant à soumettre le Liban à l’occupation syrienne, à briser l’unité islamo-chrétienne et à renverser l’Accord de Taëf. Cette unité était – et demeure aujourd’hui encore – la clé de voûte de la souveraineté et de l’indépendance libanaises. … Lire la suite Nous ne renoncerons ni à la vérité ni à la justice 

Préparer le Liban de demain

Lorsque jaillit en Rami l’idée de ce prix, au début même de cette décennie, elle était associée à une fonction bien précise qui s’inscrivait directement dans la lignée de la résistance culturelle prônée par le père Sélim Abou aussi bien dans ses discours à l’occasion de la Saint-Joseph que de ses entretiens au rectorat avec les cadres estudiantins. Il s’agissait d’encourager les jeunes à créer et à innover sur le plan culturel et artistique, et donc de promouvoir implicitement la liberté d’expression et de pensée en des temps de dure répression. … Lire la suite Préparer le Liban de demain

Entre tribalité et individualité 

Il existe une sorte de fantasme général d’un parricide, celui du système, qui imploserait aussitôt, emportant avec lui toute la philosophie de la convivance. Et qui serait remplacé par autant de monstruosités, comme la loi du nombre par exemple. Ou le vieux rêve de la fédération qui, au sein d’un système communautaire et clanique l’on ne peut plus rigide et qui a si peu évolué depuis Ibn Khaldoun, sonnerait probablement le glas de l’individualité, de la diversité, du droit à la différence et, surtout, des libertés politiques à l’intérieur des espaces communautaires. … Lire la suite Entre tribalité et individualité