Variations sur l’État

Le projet de l’État est-il voué à demeurer à l’état de projet ?
À cette question existentielle et éternelle, point de réponse globale, scientifique, exacte. Rien que des approximations, qui génèrent, très souvent, une multitude d’autres questions encore plus vastes… et nous revoilà plongés immédiatement dans cette « hantise de l’essentiel », contre laquelle nous mettait en garde Cioran ; hantise créatrice de négation, de stérilité, de néant. … Lire la suite Variations sur l’État

La faiblesse et la puissance

Samir Geagea a fait un geste exceptionnel en offrant publiquement des excuses pour les erreurs du passé en Liban, un acte considéré comme impensable dans la culture politique locale. Ce geste de rédemption pourrait marquer un tournant vers la réconciliation, mais pourrait également être perçu comme une manœuvre électorale, soulevant des réflexions sur le pardon et l’unité parmi les chrétiens. … Lire la suite La faiblesse et la puissance

Le seul projet d’avenir au Liban : l’individu

« Nous allons essayer de construire un État, en espérant que peut-être, un jour, nous parviendrons à fonder une nation ». Cette phrase date de la fin des années 50. L’auteur en est un commandant en chef de l’armée, Fouad Chéhab, alors fraîchement élu président de la République, qui s’adressait ici à un jeune avocat extraordinaire promis à devenir plus tard l’un des plus grands, sinon le plus grand ténor de la diplomatie libanaise de tous les temps. … Lire la suite Le seul projet d’avenir au Liban : l’individu

État de disgrâce

Le coup de force contre Beyrouth a prouvé que le maintien des armes, s’il permet effectivement au Hezbollah de se défendre contre une agression de l’ennemi israélien, est éminemment politique. Que « les armes seront toujours prêtes à défendre les armes » pour reprendre l’excellente formule de Hassan Nasrallah avant le début de l’invasion de la capitale en mai dernier. Que les armes sont là pour assurer le privilège d’une communauté sur l’ensemble de la nation, et même à son détriment. … Lire la suite État de disgrâce

Affranchir les vagabonds des limbes

De toute évidence, ceux parmi les hommes en uniforme qui, près du palais présidentiel, se sont laissés aller à malmener les parents au passage du convoi du ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, pour les empêcher de hurler leur insondable douleur, n’ont jamais écouté ces parents de détenus se mettre à nu, raconter leurs insomnies, leurs misères avec les autorités syriennes, avec les petits arnaqueurs parmi les moukhabarats de la soldatesque de Damas, et avec l’establishment libanais asservi durant quinze ans au régime syrien.  … Lire la suite Affranchir les vagabonds des limbes

Derrière les heurts de Tripoli, une volonté d’accélérer la montée aux extrêmes

Sur fond de conflit à Tripoli, la montée en puissance d’acteurs comme le Hezbollah vise à affaiblir le courant du Futur et cherche à entraîner une radicalisation sunnite et une détérioration de la modération, pour continuer à légitimer ses propres armes. … Lire la suite Derrière les heurts de Tripoli, une volonté d’accélérer la montée aux extrêmes

Avant qu’il ne soit trop tard… 

Ce que Michel Sleiman a surtout réussi à faire, du moins jusqu’à présent, c’est une rupture, dans le style, avec la démagogie et le populisme bon marché (surtout en milieu chrétien), deux points forts (et fort irritants) de son inénarrable et indigeste prédécesseur.

Le ton posé, calme et rationnel, sans grandes formules ni slogans grandiloquents et pompeux, n’est pas sans rasséréner un tantinet, tant le déchaînement des passions et la volonté d’exciter les foules ont pris le dessus sur l’entendement au cours des dernières années. … Lire la suite Avant qu’il ne soit trop tard…