(R)évolution permanente

« On me prend pour un érudit, un intellectuel, un gratte-papier. Et je ne suis rien de tout cela. Mes doigts, quand j’écris, ne se tachent pas d’encre, mais de sang. Je crois n’être que ceci: une âme qui ne se prosterne pas ».

Les mots sont de Nikos Kazantzakis. Pourtant ils semblent bien avoir été écrits, il y a déjà plus d’un demi-siècle, pour Nassir el-Assaad. … Lire la suite (R)évolution permanente

Cette pensée qu’on assassine impunément…

Le monde célèbre aujourd’hui, 3 mai, la Journée internationale de la liberté de la presse, et le Liban, lui, évoquera tout spécialement le souvenir de tous ses journalistes tombés au nom de la liberté de pensée, d’opinion et d’expression dans quelques jours, le 6 mai. Une commémoration marquée cette année sous le signe de la crainte grandissante du retour aux attentats visant des personnalités politiques et des intellectuels, en concomitance avec l’érosion progressive du régime syrien et de ses alliés locaux. … Lire la suite Cette pensée qu’on assassine impunément…

Éros et civilisation

Les femmes sont-elles déjà le parent pauvre du printemps arabe ? Celles qui ont été les initiatrices ou les fers de lance des révolutions un peu partout, comme Asmaa Mahfouz en Égypte ou Tawakkol Karman au Yémen – sans oublier toutes les héroïnes de la révolution syrienne –, ressortiront-elles affaiblies de ce qui devait être pour elles l’instant de la libération par excellence ? … Lire la suite Éros et civilisation

Mode + irrationalité = « modération » !

il faut sauver le peuple syrien, au plus vite, des griffes de Bachar el-Assad, dont la chute est de toute façon inévitable, inéluctable. Pour ne pas que le printemps arabe devienne un véritable hiver, non plus seulement pour l’ensemble des minorités, mais aussi et surtout pour la majorité sunnite elle-même… … Lire la suite Mode + irrationalité = « modération » !

Voyages avec un maître  

Je ne peux compter ainsi le nombre de générations, de personnes, de personnalités que vous avez formées, en lesquels vous avez instillé un souffle nouveau, une manière toute particulière de penser et d’analyser les événements… Et c’est probablement cela votre plus grand miracle, cher Samir Frangié. Celui d’avoir donné sans compter afin d’assurer la relève. Une relève critique, responsable, éclairée, citoyenne, soucieuse du sens du politique, habitée par ce sens, et partant, capable, à son tour, comme vous, de donner un sens à la politique, et ce en élevant cette dernière vers des cimes loin de la médiocrité ambiante… Et c’est tout cela, vous, en définitive, que j’ai retrouvé dans ce Voyage au bout de la violence, auquel vous nous invitez maintenant. … Lire la suite Voyages avec un maître  

Alice au pays de la violence

En Occident, il me semble que, prenant le relais des idéologies holistes, la mondialisation, dans son aspect sauvage et déshumanisé a pris le dessus, jusqu’à présent, sur l’individuation, débouchant sur l’identitaire. En Orient en revanche, Liban inclus, c’est jusqu’à présent le triptyque tribalisme/dictature/extrémisme religieux qui a empêché l’émancipation de l’individu, de la personne humaine comme fin en soi, et qui nous maintient prisonniers de l’identitaire. La violence est en effet difficile à éradiquer. Elle est au cœur de la construction sociale. Mais elle n’est pas une fatalité. Ce qu’il faudrait peut-être, c’est venir à bout de ce voyage initiatique au bout des ténèbres de la violence, pour reprendre le titre de l’ouvrage de mon ami et maître Samir Frangié, et de commencer enfin que, « dans la relation à l’autre, il ne s’agit pas d’aller chez cet autre pour devenir comme lui, ni d’amener cet autre chez nous pour le rendre semblable à nous. … Lire la suite Alice au pays de la violence