Variations sur l’État

Le projet de l’État est-il voué à demeurer à l’état de projet ?
À cette question existentielle et éternelle, point de réponse globale, scientifique, exacte. Rien que des approximations, qui génèrent, très souvent, une multitude d’autres questions encore plus vastes… et nous revoilà plongés immédiatement dans cette « hantise de l’essentiel », contre laquelle nous mettait en garde Cioran ; hantise créatrice de négation, de stérilité, de néant. … Lire la suite Variations sur l’État

La faiblesse et la puissance

Samir Geagea a fait un geste exceptionnel en offrant publiquement des excuses pour les erreurs du passé en Liban, un acte considéré comme impensable dans la culture politique locale. Ce geste de rédemption pourrait marquer un tournant vers la réconciliation, mais pourrait également être perçu comme une manœuvre électorale, soulevant des réflexions sur le pardon et l’unité parmi les chrétiens. … Lire la suite La faiblesse et la puissance

Contingences et nécessités

Cette semaine, nous sommes supposés célébrer en grande pompe le troisième anniversaire du retrait des forces syriennes et du démantèlement de l’appareil sécuritaire syrien. Supposés, parce qu’en dépit des réalisations importantes du Printemps de Beyrouth, il faut beaucoup d’aveuglement ou de fausse naïveté pour prétendre que la souveraineté du Liban a été rétablie et que le régime syrien s’est finalement découvert une touchante affection à l’égard du Liban.  … Lire la suite Contingences et nécessités

De la résistance culturelle comme moteur de l’Histoire 

D’Ahmed Farès el-Chidiac à Samir Kassir, nous avons au Liban une longue tradition de résistance culturelle à l’oppression, que cette dernière soit politique, sociale ou culturelle, comme la Grèce a ses Mikis Théodorakis et l’Espagne ses Federico Garcia Lorca. Soyons à la hauteur de notre héritage et ne baissons pas les bras. … Lire la suite De la résistance culturelle comme moteur de l’Histoire 

Chanter sous le ciel d’Assad 

Imaginons un instant — pure hypothèse de pensée — qu’un chanteur français ou polonais, figure tutélaire de son peuple, se produise à Berlin, quelques mois à peine après la libération de son pays, alors que le régime nazi tient toujours debout.

L’image a de quoi surprendre.

Pour ne pas dire choquer.

C’est pourtant exactement à cette aune qu’il faut mesurer la controverse soulevée par la prestation de Feyrouz en Syrie, à l’occasion de l’événement Damas, capitale culturelle du monde arabe. … Lire la suite Chanter sous le ciel d’Assad 

(Génération perdue) Recherche Gebran Tuéni désespérément 

Est-il seulement nécessaire de nommer, une fois de plus, celui auquel ce monologue sied comme un gant ? Il faut lui reconnaître l’horrible mérite de tenir ses promesses. Ne nous avait-il pas prévenus, il y a bientôt trois ans, qu’il « détruirait le pays » sur nos têtes ? … Lire la suite (Génération perdue) Recherche Gebran Tuéni désespérément 

Prends ta plume, et enterrons les morts-vivants

D’une semaine à l’autre, j’ai par ailleurs l’l’impression de m’être réveillé à Sparte. Il n’y a pas plus que des militaires et des miliciens dans ce pays. Puisque nous sommes à la veille d’un nouveau mandat, je veux poser, comme Samir Kassir, la question suivante : Aasskar aala min ? 

Je souhaite qu’ils soient au service du citoyen et de la fondation de l’État, et pas aux dépens des libertés publiques. Les expériences avec les militaires au pouvoir n’ont pas été particulièrement heureuses. 

J’espère que le nouveau mandat ne s’édifiera pas sur les ruines de la République, des libertés et de la démocratie – en d’autres termes, de la révolution du Cèdre. … Lire la suite Prends ta plume, et enterrons les morts-vivants

Permis de tuer, toujours, impunément 

ierre Gemayel a été criblé de balles pour avoir commis un crime odieux : celui d’obtenir le retrait syrien du Liban, de participer à la mise en place d’un élan national de vie stoppé net par des thanatophiles. Ce n’est pas un hasard si, le soir même de son assassinat, son portrait était placardé derrière toutes les vieilles lignes de démarcation, sur les murs des quartiers populaires de ce qu’on appela un jour Beyrouth-Ouest. … Lire la suite Permis de tuer, toujours, impunément