Charif Akhawi, ou la résilience citoyenne

« Selké wou emné » (praticable et sûre). L’expression est désormais bien ancrée dans les mémoires et symbolise tout le combat d’une société qui n’a eu de cesse, quinze ans durant, de résister pour ne pas perdre son humanité, à l’heure où le pays était entièrement plongé dans le cycle infernal du sang et de la haine. Si bien que, même pour les générations qui n’ont pas connu la guerre, le souvenir de Charif Akhawi, disparu il y a exactement 23 ans, le 9 avril 1987, reste particulièrement vivace. … Lire la suite Charif Akhawi, ou la résilience citoyenne

Rappel à l’ordre

Le public du 14 Mars a renouvelé hier son allégeance au projet et aux objectifs de l’intifada de l’indépendance, et il est venu confirmer à ses chefs qu’il a voté pour un programme bien précis le 7 juin dernier. Il est venu se rappeler à leur bon souvenir dans le cadre de la bataille d’options, de la guerre culturelle que le projet souverainiste continue de livrer face à l’axe syro-iranien. Plus que cela, Il est venu les rappeler à l’ordre. … Lire la suite Rappel à l’ordre

14 février 2010 : les véritables enjeux

Se démobiliser le 14 février 2010, malgré toutes les erreurs, volontaires et involontaires (forcées) du 14 Mars depuis le 7 juin 2009, c’est d’abord oublier le problème fondamental, celui qui fait qu’un collectif du 14 Mars se maintient : l’existence d’un ennemi politique, au sens de Julien Freund, organisé, discipliné, et puissant. … Lire la suite 14 février 2010 : les véritables enjeux

Cette adolescente qui dérange… 

Le Hezbollah a censuré des extraits du Journal d’Anne Frank dans un manuel scolaire en raison de leur contenu émotionnel, qu’ils perçoivent comme une menace à leur idéologie. Cette démarche illustre un paradoxe entre leur lutte pour la liberté d’expression et leur censure des œuvres susceptibles de nuire à leur narrative. … Lire la suite Cette adolescente qui dérange… 

Entre tribalité et individualité 

Il existe une sorte de fantasme général d’un parricide, celui du système, qui imploserait aussitôt, emportant avec lui toute la philosophie de la convivance. Et qui serait remplacé par autant de monstruosités, comme la loi du nombre par exemple. Ou le vieux rêve de la fédération qui, au sein d’un système communautaire et clanique l’on ne peut plus rigide et qui a si peu évolué depuis Ibn Khaldoun, sonnerait probablement le glas de l’individualité, de la diversité, du droit à la différence et, surtout, des libertés politiques à l’intérieur des espaces communautaires. … Lire la suite Entre tribalité et individualité 

Le bûcher des vanités 

Après avoir cru, au terme de l’année 2005, dans ce fol espoir tracé en lettres de sang par Rafic Hariri, Georges Haoui, Samir Kassir et Gebran Tuéni, et proclamé solennellement l’avancée inexorable de la révolution du Cèdre ; après avoir senti, fin 2006, les premiers doutes poindre sur l’avenir, avec l’accord de dupes signé à Mar Mikhaël et les débuts féroces de la contre-révolution ; après avoir tenté de sublimer l’impasse et les angoisses, et de s’évader, partant, dans un nécessaire processus de recréation du Liban ; voici enfin venu l’heure de vérité. Il n’est désormais plus question d’aller se réfugier dans une douce utopie quelconque pour fuir certaines réalités effarantes, de vivre dans ce déni malsain qui nous maintient, depuis cinq ans déjà, dans un insupportable état d’incontinence civique et politique. 
L’heure de la résistance est venue. … Lire la suite Le bûcher des vanités 

« Help », société en péril !

Quel sort aurait-on réservé aux œuvres de Luchino Visconti,  Pier Paolo Pasolini ou Pedro Almodovar, voire même Stanley Kubrick s’ils étaient nés à Beyrouth… ? Cette question, qui tient fort heureusement (pour les artistes en question) de l’absurde, mérite toutefois d’être posée face à l’acharnement de la part des censeurs dont fait l’objet le long-métrage « Help » de Marc Abirached, interdit de diffusion au cinéma au Liban.  … Lire la suite « Help », société en péril !

« Béryte », espace de liberté et de citoyenneté au cœur de l’université

Il y a deux ans, un appel téléphonique me réveillait pour m’apprendre que mon meilleur ami, Rami Azzam, venait de rejoindre les « gentils de l’au-delà ». Il est donc étrange d’écrire ces quelques lignes sur Béryte, la revue que nous avons contribué à créer ensemble, Rami et moi. … Lire la suite « Béryte », espace de liberté et de citoyenneté au cœur de l’université