De l’ultime testament de Samir Kassir au crépuscule du printemps de Beyrouth ?

Samir Kassir était une référence. Il portait sur ses épaules non seulement l’intelligentsia libanaise, mais une grande partie de l’avenir du monde arabe. Samir Kassir était au maximum de ses capacités intellectuelles lorsqu’on l’a abattu, comme un arbre fruitier dans une cité de bitume décolorée. … Lire la suite De l’ultime testament de Samir Kassir au crépuscule du printemps de Beyrouth ?

Une étoile fulgurante, un éternel rebelle

À rebours, Samir Kassir était effectivement ce que Georges Brassens aurait appelé « un oiseau de passage », irrémédiablement, fatalement amoureux de la liberté, par-delà toutes les frontières, terrestres ou virtuelles. Un oiseau épris des nuées, planant toujours en solitaire, sans cesse à contre-courant, sans jamais demander à quiconque de le suivre dans les hauteurs inaccessibles pour beaucoup de ses pairs, et qu’il avait fait le choix d’explorer dans ses éditoriaux, parfaitement conscient du danger qu’il encourrait, mais en même temps tellement libre qu’il s’en souciait bien (trop) peu. … Lire la suite Une étoile fulgurante, un éternel rebelle

Pour le devoir de transparence 

L’oubli a souvent été la caractéristique principale attribuée au peuple libanais, une étiquette gênante qui lui colle à la peau. Mais depuis le 14 février, le Liban, redécouvre le sens de l’exigence de vérité, tout en rejetant la culture de la violence. Il aspire à la réconciliation, sans pour autant oublier ce qu’il a vécu, sans occulter sa mémoire, sinon ses mémoires. Cela prouve que « l’amnésie » volontaire que la Syrie, pour des raisons hégémoniques évidentes, a cherché à imposer aux Libanais durant quinze ans, pour empêcher tout travail collégial visant à restaurer une mémoire collective et maintenir chaque fraction communautaire dans son enclave, a été inopérante. Et que les mécanismes de la société civile ont fonctionné naturellement dans une dynamique de rapprochement, malgré tous les obstacles.  … Lire la suite Pour le devoir de transparence 

Ces « Weathermen » qui font le Printemps 

La phrase de Bob Dylan a inspiré le mouvement des Weathermen, un groupe révolutionnaire américain des années 1970, mais la contestation estudiantine ne se résume pas à la violence. En parallèle, le Liban a des mouvements étudiants influencés par des causes politiques différentes, prônant la non-violence dans leur lutte pour la souveraineté. … Lire la suite Ces « Weathermen » qui font le Printemps 

Les Beaux Rivages du Printemps  

Depuis quelques jours, les Libanais se livrent à un auto-exorcisme salvateur. En déboulonnant certaines idoles importées qui leur étaient trop pesantes, en réinvestissant, en re-nationalisant des espaces symboliquement liés aux schèmes de la haine. Ils se réapproprient ainsi leur mémoire collective. Le hasard fait bien les choses d’ailleurs : au moment où ces monuments s’effondrent, les manifestations pour la liberté se font autour de symboles authentiquement libanais, ceux-là, à commencer par la statue des Martyrs. … Lire la suite Les Beaux Rivages du Printemps  

Océan de vie

Le processus de « syrianisation » s’est établi, en trente ans, sur la décomposition du tissu sociocommunautaire libanais. Hier, le nouveau pacte de convivialité formulé par le peuple libanais dans Beyrouth plusieurs fois meurtrie, mais toujours reconstruite, a définitivement mis fin à l’hégémonie syrienne sur le pays. … Lire la suite Océan de vie

De l’ombre jaillit parfois la lumière

Les barricades sont tombées, et pour de bon.

S’il est un message fondamental à retenir de la dynamique urbaine qui agite, depuis trois semaines, le centre-ville de Beyrouth, c’est bien celui-là. Que, côte à côte, des jeunes sympathisants et militants des différents courants qui s’entretuèrent jadis sur ces mêmes lieux, fraternisent et cohabitent spontanément, sans aucun problème, dans des tentes, formant ainsi un petit camp de liberté au cœur de la ville, est sans doute la preuve la plus éclatante, au monde entier, qu’un chapitre entier de l’histoire contemporaine du Liban est définitivement terminé. Et que les différentes composantes de la société libanaise sont à l’aube d’une nouvelle ère de vouloir vivre en commun, à traduire constitutionnellement par un nouveau contrat social. … Lire la suite De l’ombre jaillit parfois la lumière