Il a rejoint la légende des héros de l’indépendance 

C’est Pierre Gemayel qui part, et ce n’est pas seulement un certain inconscient collectif chrétien qui se réveille, mais un sentiment de sacrifice pour un Liban différent, réuni, celui pour lequel sont déjà partis René Moawad, Rafic Hariri, Samir Kassir, Georges Haoui, Gebran Tuéni.  … Lire la suite Il a rejoint la légende des héros de l’indépendance 

La dernière bataille 

Las de renvoyer dos-à-dos tous ces « saint jean bouche d’or qui prêche le martyr » puisque, paraît-il, faire de la contestation, rejeter la violence et défendre le droit à la vie c’est, en temps de guerre, servir la cause de « l’ennemi »… N’est-ce d’ailleurs pas ce qu’a insinué hier le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans sa dernière apparition télévisée ? Que ne pas vouloir jouer les Malbrough s’en va-t-en-guerre, voire même les désavouer, c’est méphistophélique, criminel… ? … Lire la suite La dernière bataille 

La vraie dignité

La guerre entre Israël et le Hezbollah entre dans sa deuxième quinzaine, et elle n’est apparemment pas près de finir, s’il faut en croire les deux « sociétés guerrières » (Israël et le Hezbollah) qui ont décidé, chacune de son côté, que cet affrontement était pour elles une question « de vie ou de mort ». Cela n’est d’ailleurs guère étonnant, tant la pulsion de mort semble habiter les discours des deux belligérants, et, surtout leurs actes. À force de conspuer l’autre, de le haïr, de le vouer aux gémonies, on finit par lui ressembler. … Lire la suite La vraie dignité

Projet de vie, culture de mort

Les rues désertées du centre-ville, à l’heure du chien-loup. Pas âme qui vive. Les yeux perdus dans ce silence immobile qui soustrait, l’espace d’une synesthésie ineffable et délirante, la capitale au temps humain, Samir Kassir embrasse du regard la banlieue sud et l’odeur de napalm, au loin. Chaque nuit, la banlieue sud s’embrase et se consume, prise sous un déluge de feu et de métal hurlant. … Lire la suite Projet de vie, culture de mort

Une profession de foi dans le Liban

L’enfant terrible du journalisme qu’est Gebran Tuéni n’est plus ; et le vide que l’homme politique et l’acteur de la société civile laisse derrière lui est impossible à combler.
Il sera difficile, très lourd, de guetter en vain sa voix sur les ondes, ou sa silhouette sur les écrans de télévision, attendant ses interminables joutes verbales.
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L’insensé règne de l’hybride

la révolution du Cèdre est restée inachevée, et Émile Lahoud n’a pas quitté le pouvoir. La logique même aurait voulu que le pouvoir cesse d’être schizophrène, et que tous les symboles de l’ancien régime s’en aillent avec le régime. Faute de quoi le pays est resté prisonnier d’une dimension intermédiaire, hybride, monstrueuse, qui ouvre la voie à toutes les éventualités. … Lire la suite L’insensé règne de l’hybride

Pour le devoir de transparence 

L’oubli a souvent été la caractéristique principale attribuée au peuple libanais, une étiquette gênante qui lui colle à la peau. Mais depuis le 14 février, le Liban, redécouvre le sens de l’exigence de vérité, tout en rejetant la culture de la violence. Il aspire à la réconciliation, sans pour autant oublier ce qu’il a vécu, sans occulter sa mémoire, sinon ses mémoires. Cela prouve que « l’amnésie » volontaire que la Syrie, pour des raisons hégémoniques évidentes, a cherché à imposer aux Libanais durant quinze ans, pour empêcher tout travail collégial visant à restaurer une mémoire collective et maintenir chaque fraction communautaire dans son enclave, a été inopérante. Et que les mécanismes de la société civile ont fonctionné naturellement dans une dynamique de rapprochement, malgré tous les obstacles.  … Lire la suite Pour le devoir de transparence 

De l’ombre jaillit parfois la lumière

Les barricades sont tombées, et pour de bon.

S’il est un message fondamental à retenir de la dynamique urbaine qui agite, depuis trois semaines, le centre-ville de Beyrouth, c’est bien celui-là. Que, côte à côte, des jeunes sympathisants et militants des différents courants qui s’entretuèrent jadis sur ces mêmes lieux, fraternisent et cohabitent spontanément, sans aucun problème, dans des tentes, formant ainsi un petit camp de liberté au cœur de la ville, est sans doute la preuve la plus éclatante, au monde entier, qu’un chapitre entier de l’histoire contemporaine du Liban est définitivement terminé. Et que les différentes composantes de la société libanaise sont à l’aube d’une nouvelle ère de vouloir vivre en commun, à traduire constitutionnellement par un nouveau contrat social. … Lire la suite De l’ombre jaillit parfois la lumière