Les temps de la colère

L’assassinat du député Walid Eido intervient quelques jours à peine après l’adoption de la résolution 1757 et la création du tribunal international. La réaction à la 1559, en septembre 2004, avait été la prorogation par le régime syrien du mandat Lahoud, puis la tentative d’assassinat de Marwan Hamadé. La réaction à la 1757, nous en avons tous été témoins hier. … Lire la suite Les temps de la colère

Apologie de la liberté d’expression

La réaction des partisans du Hezbollah à un sketch sur Hassan Nasrallah est inadmissible. Il est certaines questions qui ne supportent aucune forme de compromis. La liberté d’expression se trouve en tête de ces questions. Elle est l’âme du système démocratique. Elle est la valeur ajoutée du Liban dans un monde arabe peuplé de tyrannies et abandonné à la désertification intellectuelle. Céder à un compromis fâcheux pour justifier une violation de cette liberté, ou encore une volonté de la brimer ou de l’interdire, c’est commencer à démonter les valeurs fondamentales de la République, à saper les fondations mêmes de l’édifice sur lequel le système tout entier repose. … Lire la suite Apologie de la liberté d’expression

On ne laisse pas les gens mourir…

« Un tribunal spécial pour le Liban ? Mais encore faudrait-il, pour cela, que le Liban continue d’exister. À quoi bon un tribunal, s’il doit être édifié sur des cendres ? À quoi bon, un tribunal, s’il n’y a plus de Liban, ou, encore moins, de Libanais ? ». Comment décrypter autrement cette sortie ubuesque du ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, à l’aune de l’émergence du Fateh el-Islam à Nahr el-Bared ? … Lire la suite On ne laisse pas les gens mourir…

Le discours d’un autre âge du Hezbollah

Le discours de Hassan Nasrallah révèle un rejet manifeste de l’ouverture à la communauté internationale et un mépris pour l’Occident. Le Hezbollah, face à un contexte international défavorable, éprouve de l’affolement depuis le retrait des forces syriennes et peine à accepter la montée d’une culture démocratique au Liban. … Lire la suite Le discours d’un autre âge du Hezbollah

Cela s’appelle l’aurore ?

Il n’est guère utile d’appeler au calme après avoir braqué les citoyens les uns contre les autres, après avoir échauffé leurs esprits au point qu’ils veuillent en arriver au stade de la confrontation. Dans ce sens, la responsabilité est collective. La violence existe désormais en puissance, à l’état de vouloir-être. Il ne lui manque plus que l’espace au sein duquel elle pourra s’exprimer.  … Lire la suite Cela s’appelle l’aurore ?

Pour abréger les souffrances des Libanais

Avec le retrait syrien et l’intifada de l’indépendance, il y avait ce fol espoir de voir les responsables libanais dialoguer librement entre eux, sans tuteur, sans pressions, et sceller un nouveau pacte interlibanais d’indépendance consacrant le vouloir-vivre ensemble comme projet essentiel du Liban et la construction d’un État de droit comme objectif fondamental. … Lire la suite Pour abréger les souffrances des Libanais

La dernière bataille 

Las de renvoyer dos-à-dos tous ces « saint jean bouche d’or qui prêche le martyr » puisque, paraît-il, faire de la contestation, rejeter la violence et défendre le droit à la vie c’est, en temps de guerre, servir la cause de « l’ennemi »… N’est-ce d’ailleurs pas ce qu’a insinué hier le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans sa dernière apparition télévisée ? Que ne pas vouloir jouer les Malbrough s’en va-t-en-guerre, voire même les désavouer, c’est méphistophélique, criminel… ? … Lire la suite La dernière bataille 

La vraie dignité

La guerre entre Israël et le Hezbollah entre dans sa deuxième quinzaine, et elle n’est apparemment pas près de finir, s’il faut en croire les deux « sociétés guerrières » (Israël et le Hezbollah) qui ont décidé, chacune de son côté, que cet affrontement était pour elles une question « de vie ou de mort ». Cela n’est d’ailleurs guère étonnant, tant la pulsion de mort semble habiter les discours des deux belligérants, et, surtout leurs actes. À force de conspuer l’autre, de le haïr, de le vouer aux gémonies, on finit par lui ressembler. … Lire la suite La vraie dignité

Projet de vie, culture de mort

Les rues désertées du centre-ville, à l’heure du chien-loup. Pas âme qui vive. Les yeux perdus dans ce silence immobile qui soustrait, l’espace d’une synesthésie ineffable et délirante, la capitale au temps humain, Samir Kassir embrasse du regard la banlieue sud et l’odeur de napalm, au loin. Chaque nuit, la banlieue sud s’embrase et se consume, prise sous un déluge de feu et de métal hurlant. … Lire la suite Projet de vie, culture de mort