Guillermo del Toro : exorciser l’homme du monstre

Chez del Toro, le monstre n’est jamais le monstre. L’altérité difforme, la chair cicatricielle, l’anatomie contre-nature, ne sont jamais chez lui synonymes de monstruosité réelle. Bien au contraire : le monstre est la figure la plus humaine de toutes, celle qui porte le poids de la souffrance, de la solitude, du rejet, de l’humiliation, mais aussi de l’amour. … Lire la suite Guillermo del Toro : exorciser l’homme du monstre

La guerre d’après-demain

Le conflit actuel au Liban dépasse la confrontation militaire classique, représentant une nouvelle ère de guerre automatisée, dominée par des algorithmes et des machines. Cette transition soulève de graves préoccupations éthiques sur le futur de l’humanité, où le contrôle des décisions meurtrières pourrait échapper aux humains, transformant la guerre en une équation sans aucune empathie. … Lire la suite La guerre d’après-demain

Amin Maalouf et son « radeau de la Méduse »

C’est le Titanic comme métaphore d’un monde moderne à la dérive qu’Amin Maalouf a choisi de mettre en avant dans Le Naufrage des civilisations, son troisième essai depuis Les Identités meurtrières (1998) et Le Dérèglement du monde (2009). Les célèbres vers du De rerum natura de Lucrèce face au spectacle du chaos – « On voit avec plaisir, dans le sein du repos, des mortels malheureux lutter contre les flots » – viennent immanquablement à l’esprit. … Lire la suite Amin Maalouf et son « radeau de la Méduse »

La dernière flamme de Leonard Cohen 

Paru en septembre 2018, soit près de deux ans après la disparition de Leonard Cohen le 7 novembre 2016, The Flame, recueil de poèmes de près de 300 pages, est le résultat de cette lutte consciencieuse de tous les jours, malgré la douleur et la maladie, pour transformer les derniers souffles de son existence brisée et magnifique en une flamme incandescente qui continuerait à brûler et vibrer, comme son cœur, en communion avec la beauté.     … Lire la suite La dernière flamme de Leonard Cohen 

Leonard Cohen, l’homme qui « noircissait des pages » 

Ce que Leonard Cohen a d’abord été, et ce qu’il est resté jusqu’au bout, c’est un poète et un écrivain. Avant de se lancer dans la chanson, il était déjà sans doute le plus grand poète canadien de sa génération, reconnu comme tel et bardé de prix littéraires. Mais l’humilité et l’éclectisme de l’artiste ont quelque peu contribué, au fil des années, à reléguer au second rang cette facette de sa personne, voire à l’éclipser au profit de cette « voix en or », à l’origine plaintive, puis de plus en plus profonde, grave, rugueuse comme du vieux cuir noir, et enfin rocailleuse et graveleuse sur ses derniers albums, bien ancrée dans la tradition du récitatif. … Lire la suite Leonard Cohen, l’homme qui « noircissait des pages » 

Leonard Cohen, l’homme qui chante avec les anges 

Le 21 octobre 2016, le poète et chanteur canadien Leonard Cohen mettait un point final à son propre livre de psaumes, à travers son ultime opus de neuf chansons, You Want It darker. Un album-épitaphe aux tonalités de chant du cygne, pas tant en raison de la noirceur de ses textes – suggérée, du reste, par la chanson éponyme et le titre lui-même – que de leur insondable sérénité.  … Lire la suite Leonard Cohen, l’homme qui chante avec les anges 

La « hainamoration » selon Leonard Cohen… 

Il y a un peu plus de quarante ans, en 1971, le chanteur-compositeur-interprète Leonard Cohen livrait au monde son troisième album, d’une intensité émotionnelle rare, à la fois beau et terrible, sauvage et indolent, particulièrement sombre, et pourtant parsemé de lumière : « Songs of Love and Hate ». Dix chansons si puissantes, pénétrantes, bouleversantes, qu’un critique peu astucieux dira de Cohen que sa musique est « à se couper les veines »… Et pour cause : l’on n’a pas affaire ici avec la variété bien léchée proposée par les célèbres folksingers de l’époque.  … Lire la suite La « hainamoration » selon Leonard Cohen… 

Alice au pays de la violence

En Occident, il me semble que, prenant le relais des idéologies holistes, la mondialisation, dans son aspect sauvage et déshumanisé a pris le dessus, jusqu’à présent, sur l’individuation, débouchant sur l’identitaire. En Orient en revanche, Liban inclus, c’est jusqu’à présent le triptyque tribalisme/dictature/extrémisme religieux qui a empêché l’émancipation de l’individu, de la personne humaine comme fin en soi, et qui nous maintient prisonniers de l’identitaire. La violence est en effet difficile à éradiquer. Elle est au cœur de la construction sociale. Mais elle n’est pas une fatalité. Ce qu’il faudrait peut-être, c’est venir à bout de ce voyage initiatique au bout des ténèbres de la violence, pour reprendre le titre de l’ouvrage de mon ami et maître Samir Frangié, et de commencer enfin que, « dans la relation à l’autre, il ne s’agit pas d’aller chez cet autre pour devenir comme lui, ni d’amener cet autre chez nous pour le rendre semblable à nous. … Lire la suite Alice au pays de la violence