Leonard Cohen, l’homme qui « noircissait des pages » 

Ce que Leonard Cohen a d’abord été, et ce qu’il est resté jusqu’au bout, c’est un poète et un écrivain. Avant de se lancer dans la chanson, il était déjà sans doute le plus grand poète canadien de sa génération, reconnu comme tel et bardé de prix littéraires. Mais l’humilité et l’éclectisme de l’artiste ont quelque peu contribué, au fil des années, à reléguer au second rang cette facette de sa personne, voire à l’éclipser au profit de cette « voix en or », à l’origine plaintive, puis de plus en plus profonde, grave, rugueuse comme du vieux cuir noir, et enfin rocailleuse et graveleuse sur ses derniers albums, bien ancrée dans la tradition du récitatif. … Lire la suite Leonard Cohen, l’homme qui « noircissait des pages » 

Gérard Bejjani, ce bateau ivre de pudeur, d’éclat et de générosité…

Gérard Bejjani, cet homme que l’ordre des Palmes académiques a su distinguer hier avec l’intelligence du cœur, a l’éloquence paradoxale des grands timides, l’éclat des grands esthètes, la passion des grands humanistes, la discipline des grands ascètes, la discrétion et l’humilité des grands esprits. … Lire la suite Gérard Bejjani, ce bateau ivre de pudeur, d’éclat et de générosité…

Ô Capitaine, mon capitaine !

Grâce à vous, nous avons eu un luxe rare à 17 ans de pouvoir découvrir des mondes que nous n’aurions peut-être jamais côtoyés autrement. Vous nous emmeniez en effet toujours au-delà du monde sensible, dans l’univers de l’invisible, pour tenter de voir avec le cœur ce que les yeux ne pouvaient pas comprendre.  Racine, Flaubert, Camus, Sartre, Baudelaire, Rimbaud, évidemment, Corbière, Cros, Lautréamont, Artaud, Verhaeren, Mallarmé, Moravia, Hesse, Marquez, Zweig, Mishima, Kazantzakis, Kawabata, Pessoa, Garcia Lorca, Tournier – j’en oublie évidemment beaucoup… mais aussi Van Gogh, Klimt, Monet, Cézanne, Gauguin et toute une chorale de peintres qui, toujours grâce à cet authentique passeur entre les rives de l’Art que vous êtes, que nous apprenions à écouter avec des yeux contemplatifs comme du Mozart ou du Bach… … Lire la suite Ô Capitaine, mon capitaine !

Un héros (très) discret

Jean Salem est mort samedi comme il a vécu, dans ce paradoxe absolu entre sa gigantesque stature d’érudit – celle-là qui a conduit tant d’énergies négatives à vouloir, par mesquinerie, le « tuer » académiquement – et sa modestie mortifiante, sa discrétion extraordinaire. Un paradoxe qui rend tout hommage à tout ce qu’il a été une aventure quasiment impossible. … Lire la suite Un héros (très) discret

De la maestria…

On dit que la vieillesse débute à l’âge où l’on commence à perdre ses maîtres. Samir Abichaker, professeur de langue française, instructeur de générations entières, n’a pas été le mien sur les bancs de l’école. Comment pourtant expliquer ce sentiment pressant, omniprésent, aujourd’hui, de la perte du maître ? … Lire la suite De la maestria…