Affranchir les vagabonds des limbes

De toute évidence, ceux parmi les hommes en uniforme qui, près du palais présidentiel, se sont laissés aller à malmener les parents au passage du convoi du ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, pour les empêcher de hurler leur insondable douleur, n’ont jamais écouté ces parents de détenus se mettre à nu, raconter leurs insomnies, leurs misères avec les autorités syriennes, avec les petits arnaqueurs parmi les moukhabarats de la soldatesque de Damas, et avec l’establishment libanais asservi durant quinze ans au régime syrien.  … Lire la suite Affranchir les vagabonds des limbes

Permis de tuer, toujours, impunément 

ierre Gemayel a été criblé de balles pour avoir commis un crime odieux : celui d’obtenir le retrait syrien du Liban, de participer à la mise en place d’un élan national de vie stoppé net par des thanatophiles. Ce n’est pas un hasard si, le soir même de son assassinat, son portrait était placardé derrière toutes les vieilles lignes de démarcation, sur les murs des quartiers populaires de ce qu’on appela un jour Beyrouth-Ouest. … Lire la suite Permis de tuer, toujours, impunément 

Liban, la souffrance du fond de la mémoire 

Certes, si le canon s’est tu, il n’empêche que la guerre se poursuit, se perpétue par d’autres moyens. D’accusation en accusation, d’insulte en harangue mobilisatrice, le discours politique irresponsable peut faire, dans ce cadre, autant de mal que la gâchette. Il est le détenteur d’une violence symbolique qui se dissimule sournoisement sous les apparats de la culture démocratique et d’un pseudo débat public orienté sur le plus souvent sur la destruction du champ politique. … Lire la suite Liban, la souffrance du fond de la mémoire 

Une profession de foi dans le Liban

L’enfant terrible du journalisme qu’est Gebran Tuéni n’est plus ; et le vide que l’homme politique et l’acteur de la société civile laisse derrière lui est impossible à combler.
Il sera difficile, très lourd, de guetter en vain sa voix sur les ondes, ou sa silhouette sur les écrans de télévision, attendant ses interminables joutes verbales.
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Pour le devoir de transparence 

L’oubli a souvent été la caractéristique principale attribuée au peuple libanais, une étiquette gênante qui lui colle à la peau. Mais depuis le 14 février, le Liban, redécouvre le sens de l’exigence de vérité, tout en rejetant la culture de la violence. Il aspire à la réconciliation, sans pour autant oublier ce qu’il a vécu, sans occulter sa mémoire, sinon ses mémoires. Cela prouve que « l’amnésie » volontaire que la Syrie, pour des raisons hégémoniques évidentes, a cherché à imposer aux Libanais durant quinze ans, pour empêcher tout travail collégial visant à restaurer une mémoire collective et maintenir chaque fraction communautaire dans son enclave, a été inopérante. Et que les mécanismes de la société civile ont fonctionné naturellement dans une dynamique de rapprochement, malgré tous les obstacles.  … Lire la suite Pour le devoir de transparence 

De l’ombre jaillit parfois la lumière

Les barricades sont tombées, et pour de bon.

S’il est un message fondamental à retenir de la dynamique urbaine qui agite, depuis trois semaines, le centre-ville de Beyrouth, c’est bien celui-là. Que, côte à côte, des jeunes sympathisants et militants des différents courants qui s’entretuèrent jadis sur ces mêmes lieux, fraternisent et cohabitent spontanément, sans aucun problème, dans des tentes, formant ainsi un petit camp de liberté au cœur de la ville, est sans doute la preuve la plus éclatante, au monde entier, qu’un chapitre entier de l’histoire contemporaine du Liban est définitivement terminé. Et que les différentes composantes de la société libanaise sont à l’aube d’une nouvelle ère de vouloir vivre en commun, à traduire constitutionnellement par un nouveau contrat social. … Lire la suite De l’ombre jaillit parfois la lumière

Une douleur aiguë qu’aucun esprit ne peut comprendre…

« Une douleur aiguë qu’aucun esprit ne peut saisir ou comprendre. »

C’est bien cette phrase d’un poète canadien contemporain, évoquant la souffrance des victimes de crimes de guerre, qui convient pour qualifier la peine des proches des détenus libanais dans les prisons syriennes. Leur situation est en effet intolérable. … Lire la suite Une douleur aiguë qu’aucun esprit ne peut comprendre…