Prends ta plume, et enterrons les morts-vivants

D’une semaine à l’autre, j’ai par ailleurs l’l’impression de m’être réveillé à Sparte. Il n’y a pas plus que des militaires et des miliciens dans ce pays. Puisque nous sommes à la veille d’un nouveau mandat, je veux poser, comme Samir Kassir, la question suivante : Aasskar aala min ? 

Je souhaite qu’ils soient au service du citoyen et de la fondation de l’État, et pas aux dépens des libertés publiques. Les expériences avec les militaires au pouvoir n’ont pas été particulièrement heureuses. 

J’espère que le nouveau mandat ne s’édifiera pas sur les ruines de la République, des libertés et de la démocratie – en d’autres termes, de la révolution du Cèdre. … Lire la suite Prends ta plume, et enterrons les morts-vivants

On ne laisse pas les gens mourir…

« Un tribunal spécial pour le Liban ? Mais encore faudrait-il, pour cela, que le Liban continue d’exister. À quoi bon un tribunal, s’il doit être édifié sur des cendres ? À quoi bon, un tribunal, s’il n’y a plus de Liban, ou, encore moins, de Libanais ? ». Comment décrypter autrement cette sortie ubuesque du ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, à l’aune de l’émergence du Fateh el-Islam à Nahr el-Bared ? … Lire la suite On ne laisse pas les gens mourir…

La vraie dignité

La guerre entre Israël et le Hezbollah entre dans sa deuxième quinzaine, et elle n’est apparemment pas près de finir, s’il faut en croire les deux « sociétés guerrières » (Israël et le Hezbollah) qui ont décidé, chacune de son côté, que cet affrontement était pour elles une question « de vie ou de mort ». Cela n’est d’ailleurs guère étonnant, tant la pulsion de mort semble habiter les discours des deux belligérants, et, surtout leurs actes. À force de conspuer l’autre, de le haïr, de le vouer aux gémonies, on finit par lui ressembler. … Lire la suite La vraie dignité

Projet de vie, culture de mort

Les rues désertées du centre-ville, à l’heure du chien-loup. Pas âme qui vive. Les yeux perdus dans ce silence immobile qui soustrait, l’espace d’une synesthésie ineffable et délirante, la capitale au temps humain, Samir Kassir embrasse du regard la banlieue sud et l’odeur de napalm, au loin. Chaque nuit, la banlieue sud s’embrase et se consume, prise sous un déluge de feu et de métal hurlant. … Lire la suite Projet de vie, culture de mort

Le Liban en jachère

De la renaissance au malheur arabe, près d’un siècle – de plus en plus décadent sur le plan des idées et de la pensée – nous contemple, pour reprendre à notre compte la formule napoléonienne devant les pyramides. Et les Boutros el-Boustany, Ahmad Farès el-Chidiac, Yaacoub Sarrouf, Ibrahim el-Yazigi, Négib Azouri nous manquent cruellement. De la Nahda aux malheurs arabes, il y a un passage d’un monde arabe en pleine évolution, en pleine mutation, à un monde dévasté, fragmenté, ravagé par l’inculture de la violence et du terrorisme. … Lire la suite Le Liban en jachère