Voyages avec un maître  

Je ne peux compter ainsi le nombre de générations, de personnes, de personnalités que vous avez formées, en lesquels vous avez instillé un souffle nouveau, une manière toute particulière de penser et d’analyser les événements… Et c’est probablement cela votre plus grand miracle, cher Samir Frangié. Celui d’avoir donné sans compter afin d’assurer la relève. Une relève critique, responsable, éclairée, citoyenne, soucieuse du sens du politique, habitée par ce sens, et partant, capable, à son tour, comme vous, de donner un sens à la politique, et ce en élevant cette dernière vers des cimes loin de la médiocrité ambiante… Et c’est tout cela, vous, en définitive, que j’ai retrouvé dans ce Voyage au bout de la violence, auquel vous nous invitez maintenant. … Lire la suite Voyages avec un maître  

Alice au pays de la violence

En Occident, il me semble que, prenant le relais des idéologies holistes, la mondialisation, dans son aspect sauvage et déshumanisé a pris le dessus, jusqu’à présent, sur l’individuation, débouchant sur l’identitaire. En Orient en revanche, Liban inclus, c’est jusqu’à présent le triptyque tribalisme/dictature/extrémisme religieux qui a empêché l’émancipation de l’individu, de la personne humaine comme fin en soi, et qui nous maintient prisonniers de l’identitaire. La violence est en effet difficile à éradiquer. Elle est au cœur de la construction sociale. Mais elle n’est pas une fatalité. Ce qu’il faudrait peut-être, c’est venir à bout de ce voyage initiatique au bout des ténèbres de la violence, pour reprendre le titre de l’ouvrage de mon ami et maître Samir Frangié, et de commencer enfin que, « dans la relation à l’autre, il ne s’agit pas d’aller chez cet autre pour devenir comme lui, ni d’amener cet autre chez nous pour le rendre semblable à nous. … Lire la suite Alice au pays de la violence

Frères de sang

Charles Malek, promoteur de la nécessaire intervention en « cas d’extrême gravité », c’est-à-dire en cas de massacres contre une population sans défense, meurt une troisième fois, en voyant son pays et ses dirigeants incolores s’arcbouter derrière le prétexte fallacieux de « non-ingérence dans les affaires d’un pays frère », pour expliquer un silence officiel complice des crimes contre l’humanité commis à l’encontre d’un peuple frère. … Lire la suite Frères de sang

Lettre ouverte aux représentants politiques des chrétiens du 14 Mars

Le discours chrétien libanais actuel est horrifiant, dégoûtant. Il marque une dérive fondamentale par rapport aux valeurs chrétiennes essentielles, qui sont en principe le rejet de la violence et la promotion d’une culture de paix d’une part, et la condamnation de la servitude sous toutes ses formes et la diffusion du goût de la liberté de l’autre. Or, face aux horreurs commises par le régime syrien sur l’ensemble de son territoire – ce même régime qui a massacré indifféremment Palestiniens, Syriens et Libanais de toutes les religions et les communautés – c’est sur le mode du repli communautaire dhimmi que beaucoup de chrétiens du Liban réagissent – à l’unisson avec beaucoup de chrétiens de Syrie. … Lire la suite Lettre ouverte aux représentants politiques des chrétiens du 14 Mars

Jours de moisson

La révolution égyptienne marque un tournant radical dans le monde arabe, où la quête de liberté se libère des idéologies archaïques. Les individus deviennent autonomes et connectés, évinçant les anciens leaders. Cette dynamique, semblable à celle des années 80 en Europe de l’Est, souligne l’irréversibilité du désir de liberté des peuples arabes. … Lire la suite Jours de moisson

Sparte vs Athènes : retour au Péloponnèse

De toutes les erreurs – nombreuses – commises par le 14 Mars au cours de cette guerre du Péloponnèse qui se déroule actuellement sur le territoire libanais, la plus grande est sans doute celle d’avoir démobilisé ses troupes après les législatives de 2009, comme au lendemain de l’intifada de l’indépendance en 2005.

La bataille de 2009 avait été gagnante parce que le diagnostic du 14 Mars durant la bataille électorale était le bon, à savoir qu’aucune République n’est viable à l’ombre des armes du Hezbollah ; qu’Athènes et Sparte resteront à jamais deux modèles inconciliables ; que toute la magnificence des 14 mars 2005 finit, au bout du compte, par s’étioler, à trop s’enliser dans le jeu démocratique lorsque ce dernier est vicié par le poids matériel, moral et symbolique des armes. … Lire la suite Sparte vs Athènes : retour au Péloponnèse