Projet de vie, culture de mort

Les rues désertées du centre-ville, à l’heure du chien-loup. Pas âme qui vive. Les yeux perdus dans ce silence immobile qui soustrait, l’espace d’une synesthésie ineffable et délirante, la capitale au temps humain, Samir Kassir embrasse du regard la banlieue sud et l’odeur de napalm, au loin. Chaque nuit, la banlieue sud s’embrase et se consume, prise sous un déluge de feu et de métal hurlant. … Lire la suite Projet de vie, culture de mort

Kamal el-Hage, ou le retour du Liban à lui-même

L’importance du pacte national, qui scelle la symbiose islamo-chrétienne, la « naslamiyya » dans un cadre politique libanais, Kamal el-Hage la voyait clairement : il s’agissait pour lui de rien moins que la principale étape fondatrice du Liban libre et indépendant. Cela, il l’avait compris, tout comme il avait pressenti que ce n’était pas la formule consensuelle qu’il fallait remettre en question au vu des revers de l’après-1943, mais l’ensemble de la classe politique libanaise, responsable, dans la pratique, des nombreuses erreurs enregistrées sur la scène nationale. … Lire la suite Kamal el-Hage, ou le retour du Liban à lui-même

Samir Kassir, ou la transfiguration de l’intellectuel en héraut d’une nouvelle « Nahda »

Intellectuel engagé, journaliste et professeur d’université, Samir Kassir incarne la lutte pour la liberté et la modernité dans le monde arabe, vivant à l’intersection de plusieurs identités. Sa mort tragique en 2005 le transforme en martyr et symbole d’un combat pour la démocratie, l’identité complexe et la renaissance arabe. … Lire la suite Samir Kassir, ou la transfiguration de l’intellectuel en héraut d’une nouvelle « Nahda »

La culture reste plus forte que toutes les barbaries

Il est des intellectuels sur lesquels la patine du temps n’a aucun effet. Bien au contraire, ils continuent à rayonner, de plus en plus fort, à transmettre leur savoir longtemps après leur disparition, communiquant ainsi des pistes d’analyse et des angles de réflexion aux nouvelles générations de chercheurs. Michel Seurat est de cette trempe. Une source d’inspiration intarissable pour les nouvelles générations de politologues en mal de repères axiomatiques et de grilles analytiques pour étudier les structures socio-politiques des pays du Machrek. … Lire la suite La culture reste plus forte que toutes les barbaries

Génération 14 mars 

La stupeur, l’émotion et la colère que provoqua l’acte terroriste dans l’ensemble du pays, depuis longtemps affranchi des barricades de la guerre, reste inégalée dans l’histoire moderne et contemporaine du Liban. En participant en masse, le 16 février, aux obsèques de Rafic Hariri et de ses compagnons, les Libanais décidaient de redevenir, pour la première fois depuis quinze ans, les protagonistes de leur propre histoire. Ils devaient, dans les jours qui suivirent, et toujours plus nombreux, confirmer cet engagement et façonner l’histoire avec passion, jusqu’au raz-de-marée rouge et blanc du 14 mars.   … Lire la suite Génération 14 mars 

Une profession de foi dans le Liban

L’enfant terrible du journalisme qu’est Gebran Tuéni n’est plus ; et le vide que l’homme politique et l’acteur de la société civile laisse derrière lui est impossible à combler.
Il sera difficile, très lourd, de guetter en vain sa voix sur les ondes, ou sa silhouette sur les écrans de télévision, attendant ses interminables joutes verbales.
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L’ultime « intifada dans l’intifada »

Un peuple (pour éviter le vocable polémique de « nation ») ne peut pas vivre sans idéal. Il ne peut vivre sans rêves. Il peut se contenter d’être, d’exister, si on abolit en lui la part du rêve, mais son existence ne sera plus une longue marche génératrice de vie. Elle sera linéaire, dépourvue d’absolu. … Lire la suite L’ultime « intifada dans l’intifada »

L’État de barbarie, encore et toujours…  

Le 22 mai 1985, Michel Seurat, chercheur au CNRS, était enlevé au Liban, puis assassiné quelques temps après. Les regards accusateurs s’étaient tournés vers l’Iran et ses ramifications politiques au Pays du Cèdre, mais il est de notoriété publique que le brillant sociologue français avait fait de la Syrie son laboratoire privilégié de recherche, et qu’il avait consacré au régime baassiste une série d’articles. Les études de Seurat sur le régime syrien devaient ensuite être publiées dans un recueil intitulé L’État de barbarie.  … Lire la suite L’État de barbarie, encore et toujours…