De Mai 1968 au 14 mars 2005, un même souffle d’humanisme

Empêtré dans ses propres problématiques au sein d’un monde arabe encore sous le coup de la défaite de 1967 et plongé dans la dictature, le Liban s’était toutefois associé au vent de changement de Mai 1968. Le contexte local était celui d’un durcissement d’une partie de la droite chrétienne avec la formation du Helf en réaction aux exactions du Deuxième Bureau, mais aussi l’émergence de la résistance palestinienne, qui polarisa progressivement la vie politique et estudiantine libanaise. … Lire la suite De Mai 1968 au 14 mars 2005, un même souffle d’humanisme

Sélim Abou, la flamme de la résistance

À l’heure où le patriarche Sfeir menait une bataille sur le front politique, une autre personnalité, raffolant tout aussi peu des honneurs et du eu des projecteurs que le maître de Bkerké, s’instituait, sur le registre symbolique, comme le véritable pourfendeur de l’occupation syrienne. Il s’agit du recteur de l’Université Saint-Joseph entre 1995 et 2003, le père Sélim Abou, figure emblématique de toute une jeunesse en révolte contre l’occupant et animée par les idéaux de la « résistance culturelle ». … Lire la suite Sélim Abou, la flamme de la résistance

Les Derniers Samouraïs

Il m’est demandé aujourd’hui, à l’occasion de cette table-ronde autour de l’excellent et dense ouvrage de Michel Touma, de rendre hommage à trois grands journalistes, qui ont marqué et continuent de marquer l’histoire de la presse, non seulement à l’échelle de L’Orient-Le Jour, naturellement, mais aussi de la nation libanaise : Christian Merville, Issa Goraieb et Nagib Aoun. … Lire la suite Les Derniers Samouraïs

Les Capitulations de l’Université ?*

La décision d’annuler les élections estudiantines « pour un an » prise par l’administration de l’USJ – en dépit des arguments justifiés avancés – achèvera sans doute de consacrer les campus comme des espaces vides livrés à la médiocrité et à la violence, au lieu d’en restaurer la fonction culturelle et politique. … Lire la suite Les Capitulations de l’Université ?*

Alice au pays de la violence

En Occident, il me semble que, prenant le relais des idéologies holistes, la mondialisation, dans son aspect sauvage et déshumanisé a pris le dessus, jusqu’à présent, sur l’individuation, débouchant sur l’identitaire. En Orient en revanche, Liban inclus, c’est jusqu’à présent le triptyque tribalisme/dictature/extrémisme religieux qui a empêché l’émancipation de l’individu, de la personne humaine comme fin en soi, et qui nous maintient prisonniers de l’identitaire. La violence est en effet difficile à éradiquer. Elle est au cœur de la construction sociale. Mais elle n’est pas une fatalité. Ce qu’il faudrait peut-être, c’est venir à bout de ce voyage initiatique au bout des ténèbres de la violence, pour reprendre le titre de l’ouvrage de mon ami et maître Samir Frangié, et de commencer enfin que, « dans la relation à l’autre, il ne s’agit pas d’aller chez cet autre pour devenir comme lui, ni d’amener cet autre chez nous pour le rendre semblable à nous. … Lire la suite Alice au pays de la violence

Préparer le Liban de demain

Lorsque jaillit en Rami l’idée de ce prix, au début même de cette décennie, elle était associée à une fonction bien précise qui s’inscrivait directement dans la lignée de la résistance culturelle prônée par le père Sélim Abou aussi bien dans ses discours à l’occasion de la Saint-Joseph que de ses entretiens au rectorat avec les cadres estudiantins. Il s’agissait d’encourager les jeunes à créer et à innover sur le plan culturel et artistique, et donc de promouvoir implicitement la liberté d’expression et de pensée en des temps de dure répression. … Lire la suite Préparer le Liban de demain