Pour le devoir de transparence 

L’oubli a souvent été la caractéristique principale attribuée au peuple libanais, une étiquette gênante qui lui colle à la peau. Mais depuis le 14 février, le Liban, redécouvre le sens de l’exigence de vérité, tout en rejetant la culture de la violence. Il aspire à la réconciliation, sans pour autant oublier ce qu’il a vécu, sans occulter sa mémoire, sinon ses mémoires. Cela prouve que « l’amnésie » volontaire que la Syrie, pour des raisons hégémoniques évidentes, a cherché à imposer aux Libanais durant quinze ans, pour empêcher tout travail collégial visant à restaurer une mémoire collective et maintenir chaque fraction communautaire dans son enclave, a été inopérante. Et que les mécanismes de la société civile ont fonctionné naturellement dans une dynamique de rapprochement, malgré tous les obstacles.  … Lire la suite Pour le devoir de transparence 

Le Liban, ce « message » anti-totalitaire 

Jean-Paul II, dont le Liban, toutes composantes confondues, regrette aujourd’hui la disparition, avait saisi avant l’heure la portée de ce petit pays qui relevait, depuis plusieurs centaines d’années, le principal défi du XXIe siècle. Celui de la convivialité, de la véritable vie commune entre différentes communautés religieuses pourtant unies par un sentiment d’appartenance commun, par une destinée commune, comme l’ont prouvé de la plus belle manière les développements survenus après l’assassinat de Rafic Hariri.  … Lire la suite Le Liban, ce « message » anti-totalitaire 

Les Beaux Rivages du Printemps  

Depuis quelques jours, les Libanais se livrent à un auto-exorcisme salvateur. En déboulonnant certaines idoles importées qui leur étaient trop pesantes, en réinvestissant, en re-nationalisant des espaces symboliquement liés aux schèmes de la haine. Ils se réapproprient ainsi leur mémoire collective. Le hasard fait bien les choses d’ailleurs : au moment où ces monuments s’effondrent, les manifestations pour la liberté se font autour de symboles authentiquement libanais, ceux-là, à commencer par la statue des Martyrs. … Lire la suite Les Beaux Rivages du Printemps  

De l’ombre jaillit parfois la lumière

Les barricades sont tombées, et pour de bon.

S’il est un message fondamental à retenir de la dynamique urbaine qui agite, depuis trois semaines, le centre-ville de Beyrouth, c’est bien celui-là. Que, côte à côte, des jeunes sympathisants et militants des différents courants qui s’entretuèrent jadis sur ces mêmes lieux, fraternisent et cohabitent spontanément, sans aucun problème, dans des tentes, formant ainsi un petit camp de liberté au cœur de la ville, est sans doute la preuve la plus éclatante, au monde entier, qu’un chapitre entier de l’histoire contemporaine du Liban est définitivement terminé. Et que les différentes composantes de la société libanaise sont à l’aube d’une nouvelle ère de vouloir vivre en commun, à traduire constitutionnellement par un nouveau contrat social. … Lire la suite De l’ombre jaillit parfois la lumière

Le vent du changement 

Le vent du changement, cet irrésistible ouragan de liberté blanc et rouge qui déferle sur le Liban, a gagné un peuple désormais doté d’une conscience nationale par une allégeance posthume et ayant la force d’une mémoire collective, à des leaders désormais mythifiés, transfigurés, de Kamal Joumblatt à Rafic Hariri. Concentrée au coeur du Beyrouth reconstruit par Rafic Hariri, sur la symbolique place des Martyrs, la vague de changement, cette brise légère d’un matin de printemps, a soufflé sur l’ensemble du Liban.  … Lire la suite Le vent du changement 

Pour ceux qui ont la mémoire courte

À tous ceux qui ont ainsi le toupet d’assassiner Rafic Hariri pour la deuxième fois – et ils sont nombreux dans les rangs loyalistes -, il est bon de rappeler, pour l’histoire, for the record comme disent les Anglo-saxons, toutes les lamentables insultes qu’ils ont proférées à l’encontre de l’ancien Premier ministre et de ses compagnons de l’opposition plurielle au cours de ces dernières semaines. … Lire la suite Pour ceux qui ont la mémoire courte

Le Liban en jachère

De la renaissance au malheur arabe, près d’un siècle – de plus en plus décadent sur le plan des idées et de la pensée – nous contemple, pour reprendre à notre compte la formule napoléonienne devant les pyramides. Et les Boutros el-Boustany, Ahmad Farès el-Chidiac, Yaacoub Sarrouf, Ibrahim el-Yazigi, Négib Azouri nous manquent cruellement. De la Nahda aux malheurs arabes, il y a un passage d’un monde arabe en pleine évolution, en pleine mutation, à un monde dévasté, fragmenté, ravagé par l’inculture de la violence et du terrorisme. … Lire la suite Le Liban en jachère