Se souvenir de la promesse d’août 2001

S’il est une leçon que les composantes du 14 Mars devraient avoir assimilée depuis le 14 mars 2005, c’est que chacune d’entre elles n’existe quasiment plus à l’extérieur du collectif du 14 Mars ; qu’il se retrouve immédiatement réduit à sa dimension communautaire ou partisane, sinon – et le phénomène est tout à fait nouveau – spécifiquement clanique, dans la mesure où même le public communautaire et partisan s’est « 14 marsisé » et s’identifie désormais plus au collectif qu’aux personnes. … Lire la suite Se souvenir de la promesse d’août 2001

Le bûcher des vanités 

Après avoir cru, au terme de l’année 2005, dans ce fol espoir tracé en lettres de sang par Rafic Hariri, Georges Haoui, Samir Kassir et Gebran Tuéni, et proclamé solennellement l’avancée inexorable de la révolution du Cèdre ; après avoir senti, fin 2006, les premiers doutes poindre sur l’avenir, avec l’accord de dupes signé à Mar Mikhaël et les débuts féroces de la contre-révolution ; après avoir tenté de sublimer l’impasse et les angoisses, et de s’évader, partant, dans un nécessaire processus de recréation du Liban ; voici enfin venu l’heure de vérité. Il n’est désormais plus question d’aller se réfugier dans une douce utopie quelconque pour fuir certaines réalités effarantes, de vivre dans ce déni malsain qui nous maintient, depuis cinq ans déjà, dans un insupportable état d’incontinence civique et politique. 
L’heure de la résistance est venue. … Lire la suite Le bûcher des vanités 

Touche pas à mes potes !

« Tous les coups sont permis en campagne électorale », nous dit-on. Certes, à partir du moment où toutes les déviations sont banalisées, ou le discours politique est même devenu indigne des borborygmes des brigands de rue. Il faut dire aussi que, depuis son retour d’exil, Michel Aoun a beaucoup contribué à élargir la sphère de la ronde des jurons. Il ne manque jamais de créativité à cet égard. Il innove, pour reprendre Goetz dans Le Diable et le Bon Dieu de Sartre – encore que Goetz, lui, ait vraiment de l’esprit.  … Lire la suite Touche pas à mes potes !

Libérations

Ceux qui continuent de dégager des ondes négatives ; de manifester leur mauvaise humeur, en public comme en privé ; de continuer à certifier avec toute l’assurance du monde que « le tribunal ne démarrerait pas, qu’on ne découvrirait jamais la vérité », comme ce chef politique du 8 Mars l’a fait durant ces dernières années devant ses hôtes… Ceux-là doivent comprendre que ce sont eux qui ont choisi, délibérément, de se braquer contre le tribunal spécial, de se mettre en porte-à-faux avec la dynamique de la justice, et que rien ni personne ne les a obligés à suivre ce chemin. … Lire la suite Libérations

Les intermittences de la justice

Nous avons notre propre Rubin Carter, qui croupit dans les geôles libanaises depuis 1994 sans que cela ne trouble particulièrement beaucoup de consciences. Il s’appelle Youssef Chaabane, et il est victime d’une des plus grandes injustices de l’histoire du Liban. Et il n’y a malheureusement pas de Bob Dylan local pour lui dédier une chanson qui puisse devenir moteur d’une campagne pour sa libération. … Lire la suite Les intermittences de la justice

Pour simplifier certaines questions trop « complexes et épineuses »… 

Tout le monde sait qu’il y a des prisonniers politiques en Syrie. Tout le monde sait qu’il y a des détenus politiques libanais en Syrie. La question n’a rien de « complexe et d’épineux », sauf pour un directoire qui continue de se voiler la face et de chercher des échappatoires sans oser confronter le présent pour bâtir l’avenir. Inutile de jouer sur les mots pour renvoyer les Libanais à leurs guerres inciviles. Pour l’heure, ils veulent ceux qui croupissent encore dans les prisons syriennes. … Lire la suite Pour simplifier certaines questions trop « complexes et épineuses »… 

Affranchir les vagabonds des limbes

De toute évidence, ceux parmi les hommes en uniforme qui, près du palais présidentiel, se sont laissés aller à malmener les parents au passage du convoi du ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, pour les empêcher de hurler leur insondable douleur, n’ont jamais écouté ces parents de détenus se mettre à nu, raconter leurs insomnies, leurs misères avec les autorités syriennes, avec les petits arnaqueurs parmi les moukhabarats de la soldatesque de Damas, et avec l’establishment libanais asservi durant quinze ans au régime syrien.  … Lire la suite Affranchir les vagabonds des limbes

Du journalisme engagé 

Un peu comme dans le Boulevard du temps qui passe de Georges Brassens, une nouvelle génération de journalistes se pare aujourd’hui de la tunique immaculée de « l’objectivité » pour condamner, au nom d’une bien-pensance qui eut fait rougir Tartuffe de plaisir, toute une école de collègues. Ces néo-savonaroles se considèrent comme les dépositaires unique du savoir et de l’éthique journalistique, et prônent, de ce fait, une politique du « juste milieu » journalistique, qui ressemble beaucoup plus à du manque de courage qu’à de la déontologie.  … Lire la suite Du journalisme engagé