De l’ombre jaillit parfois la lumière

Les barricades sont tombées, et pour de bon.

S’il est un message fondamental à retenir de la dynamique urbaine qui agite, depuis trois semaines, le centre-ville de Beyrouth, c’est bien celui-là. Que, côte à côte, des jeunes sympathisants et militants des différents courants qui s’entretuèrent jadis sur ces mêmes lieux, fraternisent et cohabitent spontanément, sans aucun problème, dans des tentes, formant ainsi un petit camp de liberté au cœur de la ville, est sans doute la preuve la plus éclatante, au monde entier, qu’un chapitre entier de l’histoire contemporaine du Liban est définitivement terminé. Et que les différentes composantes de la société libanaise sont à l’aube d’une nouvelle ère de vouloir vivre en commun, à traduire constitutionnellement par un nouveau contrat social. … Lire la suite De l’ombre jaillit parfois la lumière

Le vent du changement 

Le vent du changement, cet irrésistible ouragan de liberté blanc et rouge qui déferle sur le Liban, a gagné un peuple désormais doté d’une conscience nationale par une allégeance posthume et ayant la force d’une mémoire collective, à des leaders désormais mythifiés, transfigurés, de Kamal Joumblatt à Rafic Hariri. Concentrée au coeur du Beyrouth reconstruit par Rafic Hariri, sur la symbolique place des Martyrs, la vague de changement, cette brise légère d’un matin de printemps, a soufflé sur l’ensemble du Liban.  … Lire la suite Le vent du changement 

Pour ceux qui ont la mémoire courte

À tous ceux qui ont ainsi le toupet d’assassiner Rafic Hariri pour la deuxième fois – et ils sont nombreux dans les rangs loyalistes -, il est bon de rappeler, pour l’histoire, for the record comme disent les Anglo-saxons, toutes les lamentables insultes qu’ils ont proférées à l’encontre de l’ancien Premier ministre et de ses compagnons de l’opposition plurielle au cours de ces dernières semaines. … Lire la suite Pour ceux qui ont la mémoire courte

Le politique et la politique  

l’espace du politique englobe et dépasse celui de la politique, transformée ici en action formelle, organisatrice. C’est pourquoi Emmanuel Mounier disait de la politique, voulant par là même parler du politique : « Si la politique n’est pas tout, elle est en tout ». Ce qui reviendrait à dire que le politique ne se limite pas simplement au champ formellement politique, mais recouvre en fin de compte tout ce qui touche au domaine public : le social, l’économique, le religieux. … Lire la suite Le politique et la politique  

Opposition nationale plurielle, an I 

C’est donc une lente montée vers la conscience qui a conduit l’opposition nationale plurielle sur le chemin du « Bristol ». Pour recréer une dynamique de l’opposition quasi inerte depuis trois ans, il a fallu, au cours des quatre derniers mois de 2004, qu’il y ait coup sur coup l’amendement constitutionnel, la prorogation du mandat Lahoud, la résolution 1559, les attaques contre Walid Joumblatt et d’autres opposants, l’attentat contre Marwan Hamadé, le rapport Annan, la déclaration du Conseil de sécurité, le départ forcé de Rafic Hariri et la formation d’un gouvernement monochrome avec les anciennes-nouvelles figures de proue du système syrien au Liban … Lire la suite Opposition nationale plurielle, an I 

L’inévitable devoir de mémoire

Beaucoup se souviendront de cet été 2001, de ce mois d’août déroutant, paradoxal, charnière entre deux Liban. L’un, monolithique, prisonnier de ses nombreux démons, en porte-à-faux avec les valeurs mêmes qui ont fait les spécificités de notre pays (la démocratie, les libertés publiques, le respect et la diffusion des droits de l’homme, la dignité de la personne humaine, etc), et l’autre, dynamique, centripète, printanier.   … Lire la suite L’inévitable devoir de mémoire

Le papillon estudiantin  

Aux principes de résistance culturelle prônés par le père Sélim Abou est venue se superposer une paresse inexistentielle, un désengagement progressif des étudiants. Faillite des partis, trop plein de slogans et trop peu d’actes pratiques, lutte interestudiantine, désespoir grandissant et perte de confiance, crise socio-économique galopante, comportement trop traditionnel au niveau du choix des représentants, manque de génie, d’originalité, de renouveau dans l’action ? Plusieurs raisons pourraient être invoquées pour expliquer cet état de pseudo statisme qui a gagné la scène estudiantine. Mais le constat est là, affligeant : la motivation se retrécit comme une peau de chagrin.  … Lire la suite Le papillon estudiantin