Neuf ans de solitude

Je sais que tu es horrifié, comme ceux qui n’ont toujours pas vendu leur âme au Mal, par les massacres qui se produisent en Syrie, en toute impunité. Je comprends la douleur qui te transperce face à cette insoutenable déshumanisation du monde, dont Alep, Homs, Hama, Deir ez-Zor, Deraa, ou Raqqa, sont aujourd’hui le théâtre de prédilection. J’aurais aimé entendre ton parallèle avec l’abandon de la Palestine, avant cela. Ou encore avec Auschwitz-Birkenau, Dachau ou Bergen-Belsen. Mais qui veut donc entendre, cher Samir ? Le monde ressemble plus que jamais aux trois singes… de la « sagesse ». … Lire la suite Neuf ans de solitude

Le temps de la confabulation

L’entretien de cette tension absolue dans cette lecture dogmatique et non politique entre la victoire et la défaite, le Bien et le Mal, est nécessaire, car elle justifie tout, tous les coups en dessous de la ceinture, les assauts de toutes sortes ; elle aide à fragiliser psychologiquement l’adversaire politique pour mieux le déstabiliser et le terrasser par la suite. … Lire la suite Le temps de la confabulation

Requiem pour Ignace IV Hazim

La disparition hier du patriarche grec-orthodoxe Ignace IV Hazim est venue assombrir un tableau déjà bien peu reluisant. Comme si, avec la disparition du patriarche Hazim – celui qui avait bien su se garder, durant tant de décennies, et à partir de Damas même, de sombrer dans la servitude au régime d’Assad alors même que ce genre de régime ne peut tolérer que les vassaux serviles -, c’est tout un ordre, toute une époque qui disparaît aussi. … Lire la suite Requiem pour Ignace IV Hazim

La haine en direct

Le discours de Benoît XVI à Baabda souligne l’importance de la liberté religieuse pour la paix. Cependant, la réaction de Hassan Nasrallah face à un film offensant révèle ses tentatives de maintenir sa légitimité. Ce contexte met en lumière un problème culturel au Liban, alimentant un cycle de violence, malgré les efforts pour promouvoir la paix. … Lire la suite La haine en direct

Entre l’anthropophagie et l’entropie

… et puis il y a un seuil où les mots s’épuisent et s’effondrent, inertes, inutiles. Ce seuil-là a été franchi samedi, en Syrie, avec le massacre de Daraya.
À quoi peut bien encore servir le Verbe lorsque l’humanité a cessé d’exister ? À quoi servent désormais les images, lorsque nos rétines ont accepté de se conformer au confort épouvantable de la déshumanisation ? À quoi sert encore le médiateur, lorsqu’il est devenu l’agent passif qui transmet, d’une manière presque jouissive, le spectacle de la mort, dans l’indifférence générale du monde ? … Lire la suite Entre l’anthropophagie et l’entropie