Comme un volcan qui se réveille

Vendredi 18 février 2005. Le soir tombe lentement sur la mosquée Mohammad el-Amine, où, sous la lumière des projecteurs, un flot ininterrompu de Libanais, profondément choqués par le gigantesque attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri et ses compagnons, viennent spontanément, incrédules, faire le signe de la croix ou réciter la fatiha devant la sépulture du Premier ministre assassiné. … Lire la suite Comme un volcan qui se réveille

Ultime rappel à l’ordre  

En fait, Edmond Naïm avait le sens de l’État, l’État de droit. Inévitablement. Par-delà les combats de chefs et la cristallisation des sentiments communautaires qui leur sert de carburant. Il vivait cette réalité dans son parcours académique, dans son action au sein de la société civile, dans son expérience au service de l’État. Et pourtant ce même État, empêtré dans ses crises existentielles sur six décennies, ne lui a jamais manifesté la moindre preuve de reconnaissance de son vivant, même si chaque Libanais lui vouait l’immense respect que l’on doit aux sommités de ce monde.  … Lire la suite Ultime rappel à l’ordre  

Ces répliques du 14 mars qui n’épargnent pas le monde arabe…

Restée inachevée sur le plan interne, où se poursuit toujours une lutte libano-syrienne pour barrer une fois pour toutes la voie aux ingérences syriennes, notamment par formations libanaises interposées, l’intifada de l’indépendance a bel et bien créé une certaine onde de choc dans la région, même si ses effets ne se sont pas encore réellement manifestés. … Lire la suite Ces répliques du 14 mars qui n’épargnent pas le monde arabe…

Pour que le martyre ne soit pas vain…

Une observatrice avisée constatait en effet, et à juste titre, que notre printemps de Beyrouth est suivi de l’exécution progressive et systématique de ceux qui l’ont fait, les pères victorieux de la nouvelle indépendance, par l’ex-occupant, renversé et en déroute. En déroute, mais toujours au plus fort de sa capacité de nuisance, comme le prouve la méticulosité dont il fait montre dès lors qu’il s’agit de pratiquer allègrement son violon d’Ingres de toujours : l’assassinat des leaders libanais prosouverainistes. … Lire la suite Pour que le martyre ne soit pas vain…

Une profession de foi dans le Liban

L’enfant terrible du journalisme qu’est Gebran Tuéni n’est plus ; et le vide que l’homme politique et l’acteur de la société civile laisse derrière lui est impossible à combler.
Il sera difficile, très lourd, de guetter en vain sa voix sur les ondes, ou sa silhouette sur les écrans de télévision, attendant ses interminables joutes verbales.
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L’ultime « intifada dans l’intifada »

Un peuple (pour éviter le vocable polémique de « nation ») ne peut pas vivre sans idéal. Il ne peut vivre sans rêves. Il peut se contenter d’être, d’exister, si on abolit en lui la part du rêve, mais son existence ne sera plus une longue marche génératrice de vie. Elle sera linéaire, dépourvue d’absolu. … Lire la suite L’ultime « intifada dans l’intifada »

Sentiment de trahison

Au nom de l’unité nationale, on accepte le principe de solidarité lorsqu’il s’agit de défendre le Hezbollah, au risque même de défier la communauté internationale. Dernier exemple en date, la position consensuelle du cabinet sur le rapport Roed-Larsen, ou, avant, dans la déclaration ministérielle, sur la 1559. Au nom de l’unité nationale, on ferait n’importe quoi, même les (grands) écarts les plus incroyables, pour rétablir les ponts entre le 8 Mars et le 14 Mars. … Lire la suite Sentiment de trahison

La société libanaise face à son examen de conscience 

Dans le repositionnement communautaire qui a accompagné les législatives, beaucoup, même dans les rangs de la société civile, ont cherché à se positionner en fonction des nouveaux clivages. Peu sont ceux qui ont fait l’effort de réagir dans la logique de la société civile, c’est-à-dire d’échapper à la « recommunautarisation », de penser le phénomène, de l’analyser sans prendre parti. Quelque part, nous avons été happés par la nouvelle dynamique, qui risque de déboucher sur un statisme à l’échelle institutionnelle. Le problème se situe à ce niveau. Dans le débat public, il y a beaucoup de politique politicienne, il n’y a pas assez de politique publique. … Lire la suite La société libanaise face à son examen de conscience