Downfall

Michel HAJJI GEORGIOU

11/11/2024

À travers son discours pathétique et ses gesticulations médiatiques, le Hezbollah tente tant bien que mal de justifier à la fois ce qu’il a provoqué et ce qu’il sera bientôt contraint d’accepter – l’uppercut après le punch. Il semble vouloir préparer l’après, exhibant sa musculature sur la scène intérieure. Mais voilà : le désastre est tel que le mur de la peur s’est effondré.

Le Hezb ne terrorise plus personne.

Autrefois, la figure de Hassan Nasrallah, avec son sourire doucereux et machiavélique, évocateur du loup du Petit Chaperon rouge, pouvait encore impressionner. Mais aujourd’hui, ce qu’il reste de la Milice oscille entre une rigidité soviétique et une hystérie hitlérienne de fin de règne, une mise en scène à la fois inopérante et caricaturale.

Cela ne signifie pas que le Hezb n’est pas tenté de revenir à ses fondamentaux sur la scène libanaise – en l’occurrence ceux de la secte des Assassins d’Alamut. Au contraire, ce retour semble probable. Mais avec la disparition de la plupart de ses symboles criminels des quarante dernières années, une résurgence de ses anciennes pratiques déclencherait cette fois une réaction bien différente de la peur et de la soumission d’autrefois. Et il ferait bien de le comprendre avant de précipiter sa propre chute.

Les réponses actuelles à ses provocations et humiliations dans toutes les régions devraient le dissuader de s’engager plus avant sur cette voie. Pourtant, aveuglé par son arrogance, persuadé de sa supériorité et convaincu de son invulnérabilité, il est à craindre qu’il ne saisisse pas que le monde autour de lui a définitivement changé.

Face à cet effondrement en bonne et due forme, le déni, les bravades, et la fuite dans le fantasme d’une victoire historique imminente sont les seuls recours de la classe politique libanaise. Orpheline, désemparée, elle semble presque regretter l’époque où le Hezb dictait la partition. Désormais privée de son chef d’orchestre, elle devra sortir de la torpeur où elle se complaisait sous sa tutelle. Encore faudrait-il qu’elle en soit capable.

Mais le plus grand danger, c’est le vide. Et le vide, comme l’avait nettement perçu Gramsci, est toujours rempli par les monstres. Ils n’ont jamais besoin d’invitation pour sortir de leurs tanières.

Il est bon de le rappeler alors que l’État, lui, se trouve plus que jamais aux abonnés absents.


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